

La
16e édition
des Rencontres Théâtrales Internationales du
Cameroun (RETIC)
a démarré le 17 novembre 2007 au
Cameroun. Elle se poursuivra jusqu'au 25 novembre 2007.
Moment
intense d’échanges, de rencontres, de
réflexions et
de formation, les RETIC
sont devenues aujourd’hui un évènement
très attendu, qui rassemble et
fédère un
effectif important de professionnels et un nombre sans cesse croissant
d’amoureux de l’art
dramatique. L'invité d'honneur est cette
année le comédien ivoirien Michel Gohou.

Par Coulibaly Brahima
In Nord-Sud le 21/07/2005
Ce n’est ni le titre d’un ouvrage, ni de la
fiction. Gohou
Michel, comédien et acteur de théâtre a
une
histoire digne d’une épopée. La
silhouette de ce
petit homme a fini par intégrer le quotidien des Ivoiriens,
par
la magie des images.
Emissions
télévisées,
télégags, voyages dans
les capitales africaines et européennes, interviews dans des
quotidiens à grand tirage, signatures
d’autographes,
par-ci par-là, la vie de la nouvelle coqueluche des
médias ivoiriens a viré du mirage au miracle. De
grandes
enjambées, parfois acrobatiques, pour passer de
l’autre
côté de la rive. Si les “jeteurs de
cauris”
ces prophètes de l’Afrique antique avaient
été consultés, Gohou se serait
prénommé Patience. Une vertu dont le temps est
l’ami. Un dimanche de juin 2005, nous sommes allé
à
la rencontre de cet amoureux des planches, dans la commune populaire
d’Abobo (Abidjan) sur le mini boulevard de «
Samaké
» qui mène aux locaux de
l’administration de la
commune. « Gohou Michel? Connaît pas »,
répondent invariablement des jeunes du quartier. Le
personnage
ne leur est pas étranger, mais son identité
volante a
fini par éloigner de leur mémoire le nom de
l’artiste à l’état civil. Le
personnage
roublard d’un journal satirique qu’il a
campé avec
dextérité dans des
télégags, a fini par lui
coller à la peau.
Une enfance difficile
Devant son cybercafé, vêtu d’un
képi blanc,
d’une chaîne au cou avec une médaille
«Afrique», il devise avec des amis. Pour, un
dimanche, il
n’est pas endimanché. Cauphy Gombo ne passe pas
non plus
inaperçu. Les regards apostrophants de quelques passants lui
valent de lever la main droite pour satisfaire une idole.
«Quel
âge a Gohou ? D’où est-il originaire
?» Des
questions bien gênantes et embarrassantes pour ce
comédien. «Un artiste n’a pas
d’âge. Je
suis ressortissant africain, un artiste se veut universel. Je souhaite
qu’on me considère comme tel »,
répond le
comédien. Son niveau d’étude,
mystère.
Comme dans la plupart des villages ivoiriens, la vie à
Djatégnoa, à 8 km de Gagnoa, n’est pas
rose. Pour
être le fruit de deux parents paysans, Gohou Michel a fait
son
chemin de croix. En 1980, alors qu’il est au premier cycle de
l’enseignement une paralysie latente finit par
l’immobiliser .A la recherche de soins, il se retrouve au
Burkina
Faso dans la région de Bobo-Dioulasso. Après deux
ans de
traitement, le « mari » de
Clé-Clé dans le
feuilleton « Ma famille », retrouve
l’usage de ses
membres. Entre temps, il est éjecté du
système
scolaire. Que faire? «Il fallait me battre. A Bobo Dioulasso
,
j’allais chercher de l’eau à la
fontaine, à
l’aide d’une charrette tirée par un
âne, pour
ensuite la revendre en ville. La barrique d’eau
était
vendue à 100fcfa .Après la vente de
l’eau, je suis
devenu pompiste avec un revenu mensuel de 12500fcfa », se
rappelle-t-il avec peine .Fin 1982, Gohou revient au bercail,
à
Gagnoa, sa région natale. La situation sociale
précaire
des parents ne lui permettant pas de renouer avec
l’école
dans le privé, Cauphy Gombo décide, selon sa
propre
expression, « de se défendre ».
Son apparition sur l’écran de la
première
chaîne se fait dans des télégags de 5
minutes
dirigés par Camara Yêrêfê dit
H. Gohou
progressivement, se fait connaître du grand public en 1992.
Avec
«les Guignols d’Abidjan», commence la
gloire. En 93-
94, le producteur Daniel Cuxac lui tend la perche. Avec Sedatif
Maïga, Yapo Angèle, Amélie
Wabéhi et le vieux
Siriki, il forme l’ossature de départ de
« Les
Guignols d’Abidjan».
«L’objectif de Daniel,
était de faire revivre les réalités
africaines aux
africains de la diaspora .Notre objectif à nous,
c’était le passage sur la 1ère
chaîne.
Malheureusement, malgré les nombreuses cassettes
vidéo,
le groupe n’est jamais passé sur cette
chaîne», regrette-t-il. Ce passage avec les
Guignols
d’Abidjan lui ouvre le monde. De cette époque, un
souvenir
lui est resté, presque indélébile. Un
jour de
l’an de 1999, dans la ville de Meaux, proche de Paris, le
groupe
a été littéralement happé
par des fans, au
point de créer l’émeute. Il raconte :
« Je me
suis retrouvé en l’air, ma casquette et ma chemise
sont
parties. Ce n’est que plus tard que j’ai
retrouvé
ces deux éléments .La
cérémonie de
dédicace de cassettes pour laquelle nous étions
là, n’a pu se dérouler. La police a
dû nous
expulser de la ville».
Le succès des télégags «
Cauphy Gombo
» en 2001 embraye sa cote de popularité. Cauphy
Gombo lui
fait gagner la sympathie du public et surtout des enfants. Il reste
convaincu : «Qui gagne l’amitié des
enfants a
gagné le monde». Pratiquement dans la
même
période, il joue dans le téléfilm
à
succès : « Ma famille » de Akissi Delta.
Un long
séjour à Paris lui fait perdre son rôle
de
départ. « A mon retour, Akissi Delta m’a
signifié que mon rôle était
occupé. »

Entre temps, Momo Ekissi Eugène est allé au
Burkina Faso
pour un autre projet. C’est alors que Delta décide
de me
confier le rôle de «le mari de
Clémentine»,
affirme le comédien. Symbole d’un couple qui fera
marrer
les Ivoiriens et même l’extérieur. Son
succès
retentissant le conduit à la musique avec « Les 13
commandements de Cauphy Gombo ». Il ne se
considère, ni
comme chanteur, ni comme musicien, mais plutôt comme un
messager.
Son accession fulgurante, il l’explique par
l’humilité, le respect de l’autre et
l’ouverture. « Quand on choisit un
métier, il faut
l’aimer. On ne le choisit pas parce que les autres
l’ont
choisi ou que certains y ont fait fortune », clame-t-il. De
parents musulmans, il a longtemps pratiqué l’islam
avant
de marquer une pause. Cependant, il se considère toujours
musulman. Aujourd’hui, sa voix fait autorité dans
sa
famille. Mais comment se maintenir lorsque les sillons de la gloire
sont tracés pour ne pas dégringoler ?
«C’est une grande et rare vertu que la patience,
que de
savoir attendre et mûrir, que se corriger, se reprendre et
(…) tendre à la perfection », conseille
André Gide, penseur français.
Gohou Michel a fait sienne cette pensée.
1 – BLANKO.
Direction Artistique et technique de
Ouédraogo Ablas par La Compagnie Michel GOHOU – Côte
d’Ivoire
2
- Prison
de Lia Hadzopoulou Karavia.
Mise en scène de Lia Hadzopoulou Karavia par
le Theatre Workshop of Nea Smyrni –
Grèce
3 –
A Tale of a lonely man. Mise en
scène de Ofer Amram – Israël
4
– Saint
Monsieur
Baly, un texte
tiré des écrits de William
Sassine. Mise en
scène de Pierre Claver Mabiala
par l’Espace Culturel Yaro – Congo
–
Brazzaville
5
– Dernières nouvelles des Jambes
d’Alice, d’après
le Roman Les Jambes d’Alice de Nimrod .
Mise en scène de Laurent Vacher par les
Compagnies du Brédin et Maoundôh – Culture – Tchad
- France
6
– La voix des Arbres de
Martine Quentric - Séguy.
Mise en scène de Martine
Quentric-Séguy – France
7
– Le Coup de Vieux de
Sony Labou Tansi et Kaya Makhélé.
Mise en scène de Oxygène Hamada par
la
Compagnie Albatros de Garoua –
Cameroun
8
– Caprices de Femme de
Jean-Marie Nengue. Mise en
scène d’Evina Ngana (Awoula Woula) par la
Compagnie Nkul
Ekan - Cameroun
9-
Qui suis-je ?
d’après
Au-delà du voile de Slimane
Benaïssa, dans une adaptation de Nono Bakwa
et d’Astrid Mamina. Mise
en scène de Maurice Papy Mbwiti par le Collectif Pourquoi
pas ? – R.D.
Congo / Mozambique
CEREMONIE
D’HOMMAGE
Pour cette 16e
édition,
les RETIC se proposent d’organier une
cérémonie d’hommage. Cette
cérémonie sera
rendue à quatre doyens des arts de la scène qui
ont marqué l’histoire et
l’évolution du théâtre au
Cameroun : Marcel Mvondo II, Victor Elamé
Musinga, Sankie Maimo et Charles Nyatté.
DES RENCONTRES PROFESSIONNELLES ET ESPACES CARREFOURS
Chaque édition des RETIC
connaît la
participation d’un grand nombre de personnalités
du monde du théâtre : directeurs
et administrateurs de festivals, directeurs d’espaces
culturels, dramaturges,
metteurs en scène et artistes de renommée
internationale.
La philosophie des espaces
carrefours est de créer une plate – forme pour des
rencontres et échanges
fructueux entre les différentes parties en
présence. Il s’agit pour le metteur
en scène, au lendemain de sa représentation, de
répondre aux questions du
public sur son parcours et sa vie artistiques, son choix
esthétique…
Les rencontres avec les
personnalités invitées aux RETIC permettent aux
différents festivaliers une
meilleure connaissance du fonctionnement des structures auxquelles
elles
appartiennent.
Rencontres professionnelles
et
espaces carrefours auront lieu tous les jours suivant le programme des
RETIC
2007, dès le 17 novembre au Musée National de
Yaoundé, village du festival.
STAGE ET ATELIER DE
FORMATION
Dans le cadre de cette 16e
édition, sera organisée un stage sur les courants
de mise en scène et la
direction d’acteur. Stage animé par Monsieur
Gunther Beelitz, Directeur de
théâtre et metteur en scène (Allemagne).
ANIMATION CULTURELLE
AU VILLAGE DU FESTIVAL (Musée national)
-
Animation
humoristique, musicale et chorégraphique.
AUTRES ACTIVITES
-
Réunion de l’Association des Directeurs
et Administrateurs de Festivals de
Théâtre d’Afrique
centrale ;
-
Réunion du Réseau des Régisseurs
d’Afrique Centrale ;
-
Réunion du Réseau des Femmes Artistes
d’Afrique Centrale ;
-
Table ronde sur le rire et
l’humour ;
-
Conférence de presse sur les théâtres
grec et israélien.
PERSONNALITES
INVITEES AUX RETIC 2007
Mme
LIA Karavia, Dramaturge,
Présidente du Comité International des Auteurs
Dramatiques (Grèce)
Mme Ornella Mamba, Entrepreneur
Culturel (R.D. Congo)
Mme Lucrecia Paco, Entrepreneur
Culturel (Mozambique)
M. Thomas Manou Yablaih, Directeur
Général du Marché des Arts des
Spectacles Africains
(Côte d’Ivoire)
M. Vangdar Dorsouma, Directeur
du Festival International d’Art Dramatique
pour l’Union et la Paix (Tchad)
M. Ofer Amram, Metteur
en scène (Israël)
M. Gunther Beelitz, Directeur
de Théâtre et Metteur en scène (Allemagne)
M. Oma Hunther, Metteur
en scène (Ghana)
M. Pierre Claver Mabiala, Metteur
en scène (Congo – Brazza)
M. Maurice Papy Mbwiti, Metteur
en scène (R.D. Congo)
M. Michel Gohou,
Comédien
Humoriste (Côte d’Ivoire)
