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Les RETIC 2005 vues par la presse
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Le décor est planté, que la fête commence
Par Souley ONOHIOLO
Le 15-11-2005

La 14ème édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) démarre le 17 novembre prochain. Face à la presse jeudi dernier, Ambroise Mbia le président du comité d’organisation et princesse Rabiatou Njoya, la coordinatrice du colloque, en ont exploré les différents contours.

C’est par un spectacle d’envergure, intitulé “ Ngum’a Jemea ”, une mise en scène de Louise Belinga, interprétée sur les planches, par les comédiens du centre d’initiation à la culture Douala- Cameroun, que les festivaliers vont vivre le 17 novembre prochain, en ouverture des rideaux, le démarrage de la 14ème édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic). L’intrigue exécutée dans la pure tradition sawa, tourne autour des épopées de Douala Manga Bell ; depuis son intronisation comme le souverain, king Bell, roi des Douala, la signature du traité Germano-Douala, par les deux parties le 12 juillet 1884, son opposition aux Allemands, sa destitution, suivie de son emprisonnement, jusqu’à sa pendaison en compagnie de Ngosso Din, son secrétaire. La prestation scénique, en elle seule est un véritable régal artistique rythmé et cadencé ; tant sur le plan de la mise en scène, du déroulement de l’intrigue, que de son dénouement.
D’entrée de jeu, le spectacle, du fait déjà de l’expertise de son metteur en scène, éblouit et séduit. En plus d’accrocher, fait inédit, la prestation scénique qui est une reconstruction des faits historiques, consacre pour les jeunes générations en mal de leur histoire, une communion parfaite entre les comédiens sur scène et ce qui s’est passé, en cette période-là. En plus de cette représentation théâtrale en ouverture, pendant toute une semaine, ce jusqu’au 24 novembre 2005, le public aura droit à de nombreux autres spectacles, que donneront les troupes et compagnies théâtrales invitées à ce banquet culturel. Signalons les présences de l’atelier Eyeno du Gabon, avec le spectacle “ Powe ”, la compagnie Arène théâtre du Niger avec “ Tiens bon Bonkano ”, la compagnie Utafika de la Rdc, avec “ Cadavre, mon bel amant ”, la compagnie les conteurs de tout de la Rca, avec “ Antigone de Sophocle ”. Le Cameroun, grande première, depuis bientôt cinq années, prend le départ avec à l’affiche, une demi-dizaine de spectacles de haute facture. En plus de “ Ngum’a Jemea ”, le Gree théatre de Douala sera présent avec “ les voies sans voix ”, la compagnie Annoora, avec “ Flesh ”.
“ Nous avons intérêt à privilégier et à présenter les pièces camerounaises. Celles programmées cette édition, sont valables et méritent d’être montrées. La grande originalité, c’est qu’elles sont toutes, des créations nouvelles ”, a affirmé Ambroise Mbia. Les lieux des manifestations retenus, sont la galerie Afri’créa, pour des spectacles, des expositions d’images sur le théâtre camerounais et le forum des jeunes praticiens du théâtre ; le Centre culturel français devrait accueillir, les spectacles du soir, le Goethe Institut, le stage/atelier et le colloque. Le comité d’organisation entend innover, en rapprochant le théâtre du public. A titre expérimental, des représentations seront données : au collège Stoll d’Akono, à l’université de Yaoundé II à Soa et au Lycée de Mfou.

Colloque
En plus des 21 spectacles avec une sélection des meilleures pièces africaines, européennes et asiatiques, l’événement qui est organisé par le centre camerounais de l’institut international du théâtre, prévoit un colloque sur le thème “ Théâtre camerounais : bilan et perspectives ”, coordonné par la princesse Rabiatou Njoya ; et qui verra la participation des hommes et femmes du théâtre camerounais. Est aussi prévu, un stage atelier, sur la gestion administrative d’une compagnie artistique, animé par Vincent Koala du Burkina Faso et Michel Chekoua du Cameroun. Les Retic, seront aussi meublées par des rencontres professionnelles et des espaces carrefours avec les metteurs en scène avérés et des grands hommes du théâtre africain ; mais surtout des expositions de photos sur un demi-siècle de théâtre camerounais à la Galerie Afri’créa pendant toute la durée du festival.
Au fil des ans, les Retic, deviennent le cadre privilégié de diffusion et de promotion du théâtre africain. A l’origine, un rêve de passionnés, cette grande fête du théâtre est aujourd’hui un événement très attendu, qui rassemble un effectif important de professionnels et un nombre sans cesse croissant d’amoureux d’art de l’art dramatique.
 

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Retic : lever de rideau sur la 14e édition
Marguerite Estelle ETOA
 [17/11/2005]


21 spectacles au menu des Rencontres théâtrales 2005 à Yaoundé

O rganisées par le Centre camerounais de l’Institut international de théâtre, les Retic se tiennent à partir de ce soir et jusqu’au 24 novembre 2005 à Yaoundé. Au menu, 21 spectacles issus d’une sélection des meilleures pièces africaines, européennes et asiatiques les plus récentes. Aussi aura-t-on une pièce gabonaise "Powe", et "A ta folie" une pièce égyptienne… Ainsi que la célèbre pièce "Tiens bon Bonkano", d’Alfred Dogbe du Niger, qui depuis cinq ans environ fait le tour du monde. Un stage de formation administrative d’une compagnie artistique est prévu, tout comme des rencontres professionnelles, une exposition sur les 50 ans du théâtre camerounais, un forum des jeunes praticiens pour des échanges, et des animations culturelles populaires au village des Retic.

Le clou de festival sera la deuxième édition du colloque sur le théâtre camerounais, qui s’est accroché aux ailes des Retic. Ce colloque aura pour thème " Bilan et perspectives " et sera coordonné par la princesse Rabiatou Njoya. Une occasion pour les dramaturges, et tous les acteurs du monde théâtral de redéfinir le rôle du théâtre, les problèmes de promotion que rencontre cet art, etc. Il sera aussi question d’ausculter les genres théâtraux afin de déterminer si c’est l’écriture dramatique, les textes, les messages, ou les jeux des acteurs qui posent problème dans la perception et l’appréhension du théâtre au Cameroun. Et l’on ne pourrait parler de ce deuxième colloque qui s’instaure en tradition, sans souligner que les actes du premier colloque avaient été consignés dans un ouvrage qui aujourd’hui a été traduit en suisse et sert de manuel universitaire à tous les étudiants en art dramatique des pays scandinaves.

Le spectacle d’ouverture aura lieu demain au Centre culturel français de Yaoundé à 20h. La pièce à l’honneur est "Nguma Njeméa", de la troupe du Centre d’initiation à la culture douala. Elle retrace la vie du héros camerounais Rudolf Dualla Manga Bell. Grâce à la mise en scène de Louise Belinga et David Noundji, les spectateurs et surtout les amoureux de l’histoire seront servis.

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Retic 2005 : le 14e acte s'est ouvert
 By Jules Romuald Nkonlak
18 Novembre 2005  

Le premier spectacle du festival de théâtre a été présenté hier au Ccf de Yaoundé.

«Chaque année, c'est une nouvelle aventure qui commence». Parole d'Ambroise Mbia, président du comité d'organisation des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) à l'ouverture de la 14e édition de ce festival. Pourtant, pour cette édition 2005, c'est à une expérience ancienne plutôt que nouvelle qu'on a fait appel. A l'histoire coloniale du Cameroun, mise en scène dans la pièce Ngum'a Jemea, qui a été choisie pour ouvrir le rideau de du 14e acte des Retic.

C'est une histoire qui part de l'intronisation de Douala Manga Bell comme roi des Douala, qui passe par son combat contre la puissance colonisatrice allemande et qui s'achève par sa pendaison le 08 août 1914. Bref, une histoire d'une période de la vie de Douala Manga Bell. Ce spectacle, le tout premier de l'édition 2005 de ce festival de théâtre, est une présentation du Centre d'initiation à la culture Douala (Cicd), l'une des troupes camerounaises sélectionnées pour le festival.

Du côté du comité d'organisation, on annonce la présence effective des dix compagnies de théâtres, qui ont été programmées. La participation d'Eyeno (Gabon), Arène théâtre (Niger), Utafika (R. D. Congo), Bena Zingui et Mascherenere (Cameroun-Italie), Ichango, Green Théâtre, Anoora, Cicd (Cameroun), Les conteurs de tout (Centrafrique), Etienne Van Der Belen (Belgique), ne devrait pas poser de problème.

C'est par contre les lieux des spectacles qui ont été à l'origine de quelques grincements de dents. Tous ne se dérouleront pas au Centre culturel français de Yaoundé, au grand déplaisir de certaines troupes, qui ont marqué leur mécontentement de devoir se produire sur des sites tels que l'espace Africrea, le collège Stoll d'Akono, le lycée de Mfou, l'université de Yaoundé II à Soa. Autre inquiétude sérieuse, la tenue effective, ou du moins l'ouverture dans les délais, du colloque sur le thème «Théâtre camerounais: Bilan et perspectives».

Selon le programme, il devrait se tenir aujourd'hui, demain et lundi prochain à l'institut Goethe de Yaoundé. Or, hier encore, on était sans véritable nouvelle de l'état de préparation de cette manifestation, qui, en principe, devait être coordonnée par la princesse Rabiatou Njoya, David Ndachi Tagne et Bole Butake. Certaines sources proches de l'organisation évoquaient une collaboration plutôt difficie entre ces différents intervenants. D'où l'hypothèque qui pesait encore hier sur la manifestation. Les mêmes inquiétudes ne se manifestaient pas quant à la tenue du forum des jeunes praticiens, qui devrait normalement se dérouler sous la direction du Belge Etienne Van Der Belen. Le village du festival, même s'il a été installé avec quelque retard, est bel et bien là, et il ne reste plus que pour les amateurs de théâtre de Yaoundé et des autres sites où les spectacles ont été programmés, de vivre au rythme des levers et des tombées de rideaux.

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Le théâtre itinérant arrive
Alain TCHAKOUNTE
 [16/06/2005]

Un projet de partenariat entre les Retic et une compagnie française devrait aboutir à la mise sur pied d’un matériel de spectacle mobile

Le lien entre Emmanuel Gautier, responsable de la compagnie " Du Zef ", et les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’est créé voici maintenant deux ans. Le metteur en scène et concepteur de spectacle marseillais avait réalisé la musique d’une pièce, " Le collier d’Hélène " lors des Retic 2003. Aujourd’hui, la rencontre commence à porter des fruits. Depuis trois semaines, accompagné d’Agathe Durand, Emmanuel Gautier a sillonné le Cameroun et fait un repérage de quelques endroits qui pourraient accueillir des outils itinérants de création artistique. Mais aussi animé des ateliers de musique, de théâtre et de conte. Cet outil est composé d’un chapiteau, d’une sonorisation, des lumières, des scènes et de deux bus… " Le projet, intitulé " Echanges artistiques et créations itinérantes " s’étale sur trois phases : la phase de création d’une pièce théâtrale, de diffusion et de formation des techniciens pour la gestion du matériel ", déclare Emmanuel Gautier.

Le projet commencera matériellement vers la fin du mois de juillet, avec un lancement, par une pièce issue du repérage effectué pendant trois semaines au Cameroun par les responsables de la compagnie. " C’est un scénario inspiré de nos identités africaines et européennes. Il est axé sur nos cultures et vise à valoriser nos différences ", explique Emmanuel Gautier. La pièce sera en tournée en Afrique et en France. Elle associera plusieurs partenaires africains, dont le festival Africafete du Sénégal. Ambroise Mbia est le partenaire camerounais et président des Retic, l’institution à qui reviendra la gestion de ce théâtre itinérant. Il accueille ce partenariat avec joie : " C’est un outil qui devra être au service des artistes du pays. Il permettra d’aller à la rencontre du public le plus reculé, et de donner l’occasion aux créateurs de s’exprimer. " Il ajoute : "Le ministère de la Culture a promis de nous soutenir dans ce sens, car l’outil est nouveau et n’a jamais été vu auparavant au Cameroun. Il devra ainsi pallier le manque de salles de spectacles et de scènes. "

Pour Emmanuel Gautier, l’expérience permettra de ne plus être dépendant de ce qui est existant. A la 14e édition des Retic, que l’on prévoit pour la semaine du 18 au 24 novembre, le partenariat offrira outre la création, des opportunités de formation artistique et technique pour l’entretien du matériel mais aussi des ateliers de décoration ou de fabrication des sites et des spectacles musicaux menés par une fanfare à réaction rapide.

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14e EDITION DES RENCONTRES THÉÂTRALES INTERNATIONALES RETIC 2005

La scène s’anime de plus belle

Rendues à mi-parcours, les Retic 2005 donnent à voir au public de Yaoundé, Akono, Mfou et Soa, des spectacles saisissants.

La 14ème édition des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) qui a démarré le 17 novembre, n’a pas trahi les nombreuses attentes. Sur les planches de l’auditorium du Ccf, à la galerie Afri’créa, qui accueille les spectacles de 17 heures, comme dans les différents sites des banlieues de la ville de Yaoundé, où sont programmés les spectacles, l’ambiance est dynamique, rythmée et bien cadencée. Au jour le jour, festivaliers et mordus du théâtre ont l’embarras de choix ; le tout à l’honneur d’un rendez-vous des Retic, qui en plus de devenir au fil des ans, le cadre privilégié de diffusion et de promotion du théâtre africain, s’est vêtu cette année de ses habits neufs de festival itinérant.
Après “ Ngum’a Jemea ”, en ouverture, l’entrée en scène de la compagnie les conteurs de tout de la Rca, tout comme celle du comédien belge, Etienne Van Der Belen ; respectivement dans les prestations scéniques des pièces : “ antigone de Sophocle ” et “ à ta folie ”, ont constitué un véritable régal artistique. A travers des mises en scènes captivantes, un jeu de comédiens abouti, leur bonne appropriation de l’intrigue, des décors collant à la prestation et à la trame scénique, le casting de la 14ème édition des Retic organisées par le Centre camerounais de l’institut international du théâtre, a des raisons d’être fier.
En marge des spectacles, les jardins du Goethe Institut se sont ouverts au colloque que coordonne la princesse Rabiatou Njoya, et dont le thème est “ Théâtre camerounais : bilan et perspectives ”. Artistes, dramaturges, metteurs en scène, critiques de théâtre, régisseurs et promoteurs se sont penchés sur les entraves et les difficultés qui gangrènent cet art vivant de la scène et obstruent la reconquête de sa gloire d’antan. En plus des spectacles, des expositions de photos sur un demi-siècle de théâtre camerounais, le stage atelier, sur la gestion administrative d’une compagnie artistique, qu’animent Vincent Koala du Burkina Faso et Michel Chekoua du Cameroun à la galerie Afri’créa, permettent d ‘apprécier les efforts entrepris par Malet Mal Jam, ce féru des arts qui a réussi à ériger un espace d’expression culturelle convenable.

Village du festival
C’est la grande innovation de cette édition. En plus de la place de choix qui est accordée ici à l’art culinaire camerounais, relooké et paré aux couleurs des grandes fêtes africaines, le village du festival qui est le lieu de diffusion de toutes les informations concernant le festival, constitue aussi la principale attraction des Retic 2005. Se tiennent ici, des espaces carrefours à travers lesquels on note un brassage entre les metteurs en scène et les comédiens, et les rencontres professionnelles. Le public qui prend rendez-vous avec de grands hommes de culture, des acheteurs de spectacles et des programmateurs de festivals qui ont fait le déplacement de Yaoundé, a la possibilité de discuter ou de se forger un espace dans l’agenda des directeurs de festival. Manouh Yablaih, le directeur du Masa, Germaine Ololo, l’Ivoirienne directrice du festival internationale d’expression féminine, Vangdar Dorsouman, le directeur du festival international d’arts dramatiques et plastiques pour l’union et la paix ; Gunter Beelitz, directeur du théâtre de Heidelberg en Allemangne ; Leonardo Gazzola, le directeur de l’Altro festival de Milan en Italie et bien d’autres. Le rapprochement qui est fait ici entre le théâtre et le public, peut déjà être considéré comme le 1er succès de cette édition. Après la grande sortie mardi du Nigérien de la compagnie Arène théâtre avec sa prestation, “ Tiens bon Bonkano ”, “ Powe ” de l’atelier Eyeno du Gabon, est tout aussi attendu, le 24 novembre 2005, et permettra au festival de tirer sa révérence.  

Par Souley ONOHIOLO

Le 23-11-2005

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WOUROUKOUTOU

La déroute de l’homme imbu de lui

Le plus en vue de ces spectacles vécu le week-end dernier est de la compagnie “ Les sardines ” de Guinée Conakry.


Centre culturel français de Yaoundé ce 20 novembre 2005. Il est 20 h. Le public qui est invité à prendre place dans la salle de spectacle ou doit se produire la compagnie “ Les sardines ” venue de Guinée (Conakry) pour cette 14è édition des Retic, constate la présence d’une dizaine d’acteurs en train de s’échauffer sur scène, tels des footballeurs qui s’apprêtent à entrer sur l’air de jeu. Une musique exécutée sur la scène rythme leurs faits et gestes au point où l’on en est à se poser des questions sur cette entrée scénique tout a fait particulière. Tous ces mouvements prennent une bonne quinzaine de minutes, le temps que le calme vienne au sein du public qui tardait quelque peu à s’installer dans la salle. Et soudain les lumières s’éteignent, puis se rallument pour laisser place à un décor large et plat, disons plutôt volontairement dépouillé, avec de côté, deux musiciens jouant respectivement du Djembé et du balafon. La musique est particulière animée, et le passage rapide de trois jeunes femmes dansant avec des gestes à la fois amples et larges marque alors l’introduction de l’histoire du “ Wouroukoutou ” que vient signifier quelques secondes après au public, un narrateur à la diction impressionnante.
Nous sommes là dans l’univers de l’empire Mandingue du vénérable Soundiata Keita. Dans ce mandingue traditionnel, Safrin, jeune guerrier intrépide et redoutable se voulant le prolongement de son ancêtre Mô-Souba (l’homme sorcier) descendu du ciel sur une échelle d’or, lance le défi de livrer et gagner 7 combats au Wouroukoutou, lieu où s’effectue la danse des hommes forts. L’enjeu de ce duel à la cravache, communément appelé Doudoumba est la belle et splendide Fanta, sa fiancée à qui il compte dédier ses 7 combats. Les 6 premiers combats ont eu l’allure d’une simple formalité, Safrin étant sorti à chaque fois vainqueur. Il va ainsi s’enorgueillir au point de se croire invincible. Imbu de lui-même et méprisant pour tous les hommes du royaume, il n’entendra pas les supplications de sa fiancée qui le priait d’arrêter cette vantardise de sa toute puissance physique, pour enfin décider à l’épouser. Ce défi démesuré va blesser dans sa fierté Karinkan Keita, fils de la lignée de Soundiata, père fondateur de l’empire Mandingue, qui décide de l’affronter. Le combat est déchaîné et la fiancée Fanta en est l’arbitre, bien que convaincue que Safrin, son bien-aimé en sortirait vainqueur. Hélas ! Safrin l’orgueilleux fiancé imbu de lui-même sera vaincu et son tombeur lui évitera la mort ; Il lui fera tout simplement la morale d’être désormais humble quels que soient la puissance et le pouvoir qu’il détient.

Un salmigondi aux effets…
harmonieux

Cette formidable histoire qui peut faire méditer, et que l’on peut transposer dans nos sociétés africaines contemporaines a été restituée sur scène par une mise en scène de Ansoumane Djéssira Condé. De toute la vitalité scénique des comédiens, de même que de leur enthousiasme on retiendra surtout la bonne direction des acteurs qui leur a permis de se montrer généreux dans leur jeu, et de captiver l’attention du public de manière continue. La forme choisie était à cheval entre l’opéra africain avec l’intégration organique de plusieurs formes d’expressions artistiques du genre : musique, chant, danse, texte, acrobatie, manipulation d’objets, et d’autre part le conte théâtralisé sans en abuser. Dans la tradition mandingue, la musique telle qu’elle a été jouée sur scène exprime la virilité des duels et puise ses mélodies dans le rythme doudoumba, sofa et soli, accompagnées par des instruments de musique comme le doundoun, le sègbè, le balafon, et le djembé. Les crépitements de djembé, et les soufflements des autres instruments laissent voir des danses très variées, pleines de grâces et de finesse chez les charmantes femmes, et pleines de virilité chez les rigoureux hommes. La souplesse qui définit les jeunes combattants mandingues se vérifie par les acrobaties illustrées en séquences. Techniquement ce spectacle n’a pas vraiment de déchets. Le choix des lumières apparaît judicieux en ce sens qu’il met le spectateur dans la même tension que les acteurs qui sont sur scène, jusqu’à épuisement. On peut néanmoins critiquer le choix du metteur en scène qui a préféré au début de la création de commencer l’histoire en présentant son issue. Mais comme il s’agit d’un choix dans une création artistique, peut-on vraiment s’y attarder ?
Bravo donc à la compagnie “ Les sardines ” de Guinée Conakry, qui montre et démontre à travers cette création que le théâtre africain, bien que (injustement) tancé par certaines critiques occidentaux qui n’apprécient pas toujours les choix thématiques liés à l’oralité, est dense lorsqu’il part de la profondeur de la culture propre à cette terre d’Afrique. La preuve est là : on vient d’apprendre à travers cette épopée mise en scène que toute position de puissance et de pouvoir requiert une certaine modestie et humilité.  

Par Jean François CHANNON

Le 23-11-2005

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Alliance NYOBIA
[
24/11/2005]

L’édition 2005 des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’achève aujourd’hui.


Il n’y aura pas eu que les spectacles, au cours des Retic de cette année, même si ce volet de l’événement annuel reste l’un des plus visibles. Cela dit, chaque représentation donnée, chaque pièce à laquelle on assiste est, en quelque sorte, un produit fini, derrière lequel il y a un travail de fond, l’œuvre d’une troupe, qui ne se manage pas n’importe comment. La gestion administrative et financière d’une compagnie artistique a ainsi été l’objet d’un atelier de plusieurs jours, ouvert à une trentaine d’opérateurs culturels (en théâtre, certes, mais aussi en danse et en musique). Un accent particulier a été mis sur la comptabilité. En dehors des planches toujours, un forum des jeunes praticiens du théâtre a figuré au menu des Retic 2005. Animée par le Belge Van der Belen — président du Comité international des jeunes praticiens de théâtre, organisation regroupant 90 pays), cette activité montre, à en croire un des responsables du festival, l’importance accordée aux talents émergents — ou à forger — dans le métier.

Et puis, il y a eu le show proprement dit. En tout une dizaine de spectacles programmés, venant de treize pays d’Afrique et d’Europe (Belgique, Gabon, Guinée Conakry, Niger, République démocratique du Congo, etc.) pour le bonheur d’un public que le comité d’organisation estime tout de même " légèrement " inférieur à celui de l’année dernière. " Mais l’important c’est qu’il y ait eu des spectacles dignes d’intérêt ", estime Ambroise Mbia, le président du comité d’organisation des Retic. Le même explique que par ailleurs, l’événement s’adresse aussi aux hommes de théâtre camerounais, auxquels on présente comment les choses se font sous d’autres cieux. Et eux, " ils ont répondu présent ". Les Retic ont en outre ce qu’Ambroise Mbia appelle " les habitués ". Sans faire salle comble tous les soirs, les comédiens ont quand même eu la " réplique " du public, que ce soit à Yaoundé, Soa, Mfou ou Akono — localités où des spectacles ont été donnés.

Au moment de baisser le rideau, on dresse généralement le bilan : " Comme toujours, c’est pour nous un grand moment : vivre sept jours ensemble, parler le même langage, regarder dans la même direction. Ce sont des retrouvailles entre gens passionnés par cet art ", a confié hier à CT un Ambroise Mbia visiblement fatigué et heureux à la fois. " Je suis satisfait de la qualité des spectacles que nous avons eus, et de l’ambiance qui a prévalu tout au long des Retic (…) Je remercie le ministre d’Etat, ministre de la Culture, pour le soutien pluriel qu’il nous a apporté, ainsi que les différents partenaires qui nous ont soutenus ".
A la prochaine.

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CULTURE | 25 Nov 2005


 Théâtre : Ainsi s'achève la pièce

Les invités à la 14e édition des Retic, qui s'est clôturée hier, apprécient le festival.

Le village du festival, situé sur le boulevard du 20 mai à Yaoundé n'est pas vraiment bondé. Juste quelques personnes qui discutent autour de la dizaine de tables installées par l'un des sponsors de la 14e édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic). Il est midi, et c'est l'heure du repas. Quelques personnes avalent doucement leur bière. D'autres se dirigent vers un minibus garé sur le bord de la route et reviennent avec des plats de nourriture : du plantain, du haricot, du riz, etc.

Alfred Dogbe, de la compagnie Arène Théâtre du Niger, a quand même quelques problèmes avec ce service: «Il faut des améliorations au niveau de l'hébergement. Les Retic peuvent être plus exigeantes avec l'hôtelier.» Corine Josiane Kameni, comédienne du Green Théâtre de Douala n'est pas loin de penser la même chose: «Il faut mettre un peu plus d'accent sur la nutrition. Notre cuisine doit aussi être valorisée», affirme-t-elle.

Dans le petit espace consacré au village du festival, Ambroise Mbia, le président, va et vient. Il dit un petit mot par-ci, lance une blague par-là, s'entretient avec les différentes personnes présentes. «Le président n'est jamais fatigué d'être avec les artistes. Nous sommes ensemble à tout moment. Il nous traite comme ses enfants», avoue Richard Malebada, un comédien de la la compagnie Les conteurs de tout, de la République centrafricaine.
Pour l'Italien Leonardo Gazzola, metteur en scène, c'est cette ambiance conviviale, cette chaleur entre les différents participants qui l'a frappé lors de cette édition des Retic, la première à laquelle il participe. Il affirme: «J'ai été formé au Cameroun, actuellement je vis en Italie et je remarque que les festivals en Afrique sont beaucoup plus intéressants du fait que les compagnies qui viennent des différents pays échangent leurs expériences. La chose que j'apprécie le plus, c'est cette atmosphère d'échanges qui n'existe pas dans les festivals en Europe.»

Autour d'une table, le metteur en scène italien bavarde avec des compatriotes, présents également dans le cadre des Retic. Ils ont acheté quelques disques, parmi lesquels on peut reconnaître un d'Henri Dikongué et un autre de Tiken Jah Fakoly. Questions de garder quelques souvenirs mélodieux du séjour yaoundéen. Dans leurs oreilles d'ailleurs, la musique de Ntoumba, le chanteur camerounais, passe en boucle. Pour l'instant, on n'est pas vraiment dans le théâtre. On est sur un tout autre théâtre, celui des contacts humains. Alfred Dogbe, qui vient de l'Afrique de l'Ouest, pense d'ailleurs que ce festival est le meilleur moyen d'entrer en contact avec le théâtre d'Afrique centrale. Il a apprécié les spectacles présentés au cours de cette quatorzième édition et il a surtout retenu la diversité de la création camerounaise: quatre pièces proposées, quatre orientations différentes.
La plupart des avis donnés sur la qualité de la programmation sont positifs. Corine Josiane Kameni insiste pour tirer un coup de chapeau à l'organisation. Valérie Ndongo qui en fait partie se réjouit du fait que, cette année, les spectacles ne se sont pas limités à la salle du Centre culturel français et sont même allés hors de la ville de Yaoundé (Soa, Akono, Mfou). Une façon peut-être de réconcilier le public avec le théâtre, qui de l'avis de Leonardo Gazzola va se réveiller en Afrique après le coup subit à cause de l'arrivée de la télévision.

Quant à Ambroise Mbia, il parle d'argent: «Nous mettons un point d'honneur à payer les cachets des artistes». Une recette certainement pour la réussite des festivals, que Germaine Ololo aura retenue. Elle est coordonnatrice du Festival international d'expression féminine qui se tient tous les deux ans à Pointe-Noire en République du Congo, son pays. «Ce qui se fait est louable. C'est une occasion d'apprendre», lance-t-elle.
Le village se vide progressivement. Les gens se dirigent vers d'autres scènes. On parle surtout de l'institut Goethe où le stage sur l'administration des compagnies de théâtre se déroule. A 19h, il faudra revenir pour la dernière séance d'animation au village du festival, en attendant le spectacle de clôture, Powe, de l'Atelier Eyeno du Gabon. Et le rideau sera tombé définitivement sur la 14e édition des Retic. «Dès demain, on commence la préparation de la 15e que nous voulons mettre à un niveau très élevé.», déclare Valérie Ndongo.

J.R.N.

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 Retic 2005