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Les RETIC 2006 vues par la presse




LE MESSAGER    
Journal N° 2090 du 22 mars 2006 
     
Expérience d’ailleurs

Ambroise Mbia honoré par Blaise Compaoré
Le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré a signé un décret conférant le grade de chevalier de l’ordre du mérite des arts, lettres et de la communication à une figure emblématique de la culture camerounaise.

A l’occasion des festivités marquant la célébration de sa semaine nationale de la culture prévue dans tout le Faso, du 25 mars au 2 avril 2006, le “ pays des hommes intègres ”, a décidé de frapper un grand coup. Celui de la reconnaissance nationale que tout le peuple burkinabé entend accorder aux grands noms de culture du terroir et de la légion étrangère. En effet, Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, président du conseil des ministres et grand maître des ordres burkinabé, a dû prendre un décret, pour magnifier et célébrer onze artistes de référence, nommés au grade de chevalier de l’ordre du mérite des arts, lettres et de la communication.
En lisant sur les lignes du décret présidentiel n°2006-043/Pres/Gc, signé par Blaise Compaoré à Ouagadougou, le 25 février 2006 et “ portant nomination à titre normal et à titre exceptionnel dans l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication à l’occasion de la semaine nationale de la culture ” on distingue à titre normal, huit hommes de culture du terroir, alors qu’à titre exceptionnel, on retrouve trois grands noms et experts étrangers.
Une lecture attentive du décret du président du Faso, renvoie à une répartition des lauréats du terroir en quatre agrafes. Ils sont trois : Koné Bakary El Bakr, Traoré Oumar et Zoungrana Mamoudou Pierre-Celestin dans la série “ arts graphiques et plastiques ” ; un : Compaoré Albert dans la rubrique “ littérature écrite et orale ” ; trois : Kam Urbain, Ko Nidjila Ambroise et Oussale Tantiogué Aboucar, dans le registre “ musique et danse ” ; et un : Ilboudo Ousséni dans la très sélective agrafe sur “ la Radiotélévision, presse écrite ”. Quant aux trois autres vétérans, ce sont de vieux briscards des arts vivants de la scène. En premier, il y a la Grecque, Mme Sténou Katérina, directrice de la division des politiques culturelles et du dialogue interculturel, au secteur de l’Unesco, pour la rubrique “ littérature écrite et orale ”. Le Camerounais, Ambroise Mbia, artiste comédien, metteur en scène, directeur artistique et le Français, André Louis Perinetti, metteur en scène et directeur artistique, sont du registre de “ musique et danse ”.

Positionnement stratégique
Ce n’est pas le fait du hasard, si le président du Faso, a choisi de magnifier et de décorer trois grands monuments des arts et de la culture de la région étrangère. Stratégique, la démarche de Blaise Compaoré se veut aussi aguichante, mais surtout un clin d’œil et une volonté de pénétrer le plus grand réseau des arts vivants de la scène qu’est l’Unesco. Celui-ci faut-il le souligner, regroupe 92 pays des cinq continents. On y retrouve même des chefs d’Etat qui officient comme auteurs. Après avoir dans tout le continent africain, assis sa notoriété sur le 7ème art à travers l’organisation d’un rendez-vous culturel d’envergure de la taille du Festival panafricain des cinémas de Ouagadougou (Fespaco), le “ pays des hommes intègres ”, se cherche une autre voie, un positionnement stratégique dans le firmament des arts de la scène et davantage le monde du 4ème art. L’expérience du Burkina Faso intervient dans un contexte où la culture camerounaise vit le drame d’un taureau d’holocauste à l’autel de la dictature. Il suffit de refuser de farder la vérité, pour constater que la biennale du Festival national des arts et de la culture du Cameroun (Fenac) est devenue un serpent de mer, un rendez-vous qui a été sacrifié au profit des archaïsmes et de multiples amateurismes. Pour la petite histoire la dernière édition en date remonte en 2002, dans la ville de Bafoussam. Au-delà de la dérive culturelle collective, comment occulter les images de toutes ces artistes de référence à l’échelle nationale et mondiale, ces légendes dont on s’amuse à en effacer l’histoire. Et dire que l’événement culturel du Faso, arrive au moment où dans les milieux culturels on est encore meurtris par un sentiment d’indignation et de révolte, caractérisé par l’insouciance et l’indifférence des pouvoirs publics qui ont laissé Sita Bella périr dans l’indigence totale.

 Par Souley ONOHIOLO

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Théâtre : les Retic entrent en scène
 Alain TCHAKOUNTE
 [19/11/2006]
 
 
La 15e édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’est ouverte vendredi dernier par un colloque et s’est poursuivie par des adaptations d’œuvres littéraires.

Histoire de penser avant de jouer. C’est par un colloque autour du théâtre camerounais que le 15e acte des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’est ouvert vendredi dernier à l’hôtel Djeuga palace de Yaoundé. Thème de cette cogitation intellectuelle, deuxième du genre dans la cadre des Retic : " Théâtre camerounais, bilan et perspectives ". Plusieurs communications prévues dans lesquelles d’éminents enseignants, comédiens et metteurs en scène se sont investis. Le tout coordonné par la princesse Rabiatou Njoya.

En gros, ce qu’on peut retenir en deux jours, ce sont plusieurs recommandations, notamment au niveau des pouvoirs publics. Ces derniers doivent remédier aux carences en infrastructures dans toutes les villes du Cameroun. Les opérateurs, quant à eux, voient en la presse une grande opportunité pour la vulgarisation de cet art. Rabiatou Njoya : " les professionnels qui se sont engagés à s’améliorer espèrent que les médias tant publics que privés, à travers des espaces précis parleront un peu plus de théâtre. Cela passe par une spécialisation des journalistes culturels, comme on trouve des journalistes sportifs. En plus, que des recyclages des personnels du ministère soient organisés. " Pour la coordinatrice des travaux, les professionnels devraient harmoniser les festivals pour qu’il n’y ait pas de chevauchements.

Exit la réflexion, place au jeu. Avec samedi déjà, une adaptation théâtrale du " Vieux nègre et la médaille " de Ferdinand Léopold Oyono, par le jeune béninois Patrice Noupo, sur une mise en scène de Hermias Gbaguidi. Le One man show, malgré quelques performances artistiques, notamment au niveau des personnages, a reçu un accueil mitigé des professionnels. Samedi soir, c’est au tour d’un autre roman à succès, " Allah n’est pas obligé ", écrit par l’Ivoirien Ahmadou Kourouma aujourd’hui disparu, de captiver les spectateurs venus nombreux dans la salle de spectacle du centre culturel François Villon de Yaoundé. Sur scène, un personnage qui altère le clownesque, les grossièretés du texte original et des dénonciations graves se meut. Marcel Mankita, comédien et conteur congolais basé en France, sur une mise en scène de Catherine Boskowitz, a adapté à sa façon ce texte immense de Kourouma sur les enfants soldats. En retraçant, même de façon tronquée, l’épopée dramatique et sanglante de Birahima et de ses " frères d’armes ". Dans cette performance, le décor très cabaret, les accessoires, les musiques et une réelle maîtrise scénique cachent mal un cafouillage théâtral, une espèce de fourre-tout. Des problèmes d’adaptation peut-être... Marcel Mankita explique : " Il n’y a pas de frontière entre les deux genres. C’est que du jeu. "

La 15e édition des Retic qui s’achève le 26 novembre prochain a comme président d’honneur le dramaturge Guillaume Oyono Mbia, à qui l’on doit notamment " Trois prétendants… un mari ". Hier au village du festival — sis à l’espace Oyenga au quartier Fouda à Yaoundé —, des rencontres ont eu lieu avec Luc Yatchoukeu, directeur du festival le Kolatier et Vangdar Dorsouma du Tchad. Ce jour sont prévus selon le programme, le début du stage de mise en scène, la représentation de la pièce " Sycorax ", ou encore " Attachez vos cadavres ".

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Cameroun: Début de la 15e édition de RETIC

YAOUNDE, 17 novembre (XINHUA) -- La 15e édition des  Rencontres théâtrales internationales de Yaoundé (RETIC) a ouvert  sa porte vendredi à Yaoundé la capitale camerounaise, a rapporté  un correspondant de XINHUA sur place. 

     Pendant 10 jours, les grands noms du théatre africain et  camerounais venus des quatre coins du monde, vont étaler leur  savoir-faire dans le domaine du théatre. Pendant les 10 jours  également, collogues, séminaires, stages et atéliers de formation  vont se tenir. 

     Les rencontres vont se dérouler dans 4 sites differents: le  Centre culturel français à Yaoundé, l'Université de Yaoundé II à  Soa (Centre), le Lycée de Mfou et le Centre artistique d'Akono ( petites villes situées non loin de Yaoundé). 

     Organisées par leCentre camerounais de l'institut du théatre, les RETIC favorisent de plus en plus, des contacts entre le public et les artistes. 

     "Le vieux nègre et la médaille", roman du Ministre camerounais actuel de la Culture Oyono Ferdinand Léopold, a ponctué l'ouverture de l'événement et a été mis en scène par un artiste béninois du  nom de Hermas Gbaguidi.

PANAPRESS

Lancement des 15èmes Rencontres théâtrales internationales de Yaoundé

Yaoundé, Cameroun (PANA) - Le rideau s'est levé vendredi soir sur les 15-èmes Rencontres théâtrales internationales de Yaoundé (RETIC) avec la
présentation de la pièce "Le Vieux nègre et le médaille" par la troupe Oshumare du Bénin.

Outre le Bénin, plusieurs autres pays sont représentés aux RETIC, notamment le Cameroun avec quatre troupes théâtrales, le Congo- Brazzaville, la Côte
d'Ivoire, la France et le Gabon.

La pièce qui a lancé les RETIC est une adaptation du roman du Camerounais Ferdinand-Léopold Oyono, actuel ministre de la Culture de son pays.

Selon le metteur en scène béninois Hermas Gbaguidi, ce roman a retenu l'attention de sa troupe parce qu'il cadre avec le contexte actuel. Pour
lui, il s'agit, à travers sa représentation, d'amener les Africains à prendre conscience en acceptant de rester eux-mêmes afin de préserver leur
dignité et leurs richesses culturelles.   Yaoundé - 18/11/2006
                                                                          
                                       

                                                            
 15th int'l drama festival kicks off in Yaounde
Yaounde, Cameroon (PANA) - The Yaounde International Drama Festival (RETIC) began its 15th edition Friday night with the staging of the play "Le Vieux
nègre et le médaille" (The Old Man and the Medal) by the Oshumare theatre company of Benin.

In addition to Benin, several other countries are represented at the RETIC, including Cameroon with four companies, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire,
France and Gabon.

The play, which started the festival, is an adaptation of the novel by Cameroonian Ferdinand-Léopold Oyono, current minister of Culture in his
country.

According to Beninese film director Hermas Gbaguidi, this novel caught the attention of his company because it matches the current context of
developments in Benin and other parts of Africa.


For him, it has the potential to prompt Africans to be aware by accepting to remain themselves in order to preserve their dignity and cultural
heritage.  
Yaounde - 18/11/2006


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  CULTURE ARCHIVES : Edition du 22/11/2006
Les Retic sur plusieurs scènes
 Alliance NYOBIA
 [22/11/2006]

Au-delà des représentations, le festival de théâtre est aussi l’occasion d’échanges divers.

Lancée vendredi dernier à Yaoundé, la quinzième édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) se poursuit. Sur et en dehors des planches. Hier, entre autres articulations, un bon nombre des participants se sont retrouvés à l’espace Oyenga — village du festival — pour échanger. Le site abrite également, depuis quelques jours, un stage de mise en scène conduit par le Centrafricain Vincent Mambachaka. En outre, les promoteurs des Retic se félicitent de ce que le volet " Rencontre autour d’une œuvre " se déroule comme prévu. L’opération permet, selon Ambroise Mbia, président des Retic, d’amener élèves et enseignants à mieux s’imprégner des œuvres qui sont au programme, tout en figurant cette année au menu des Retic… Ces rencontres ont débuté lundi au lycée Général Leclerc, et devraient se poursuivre dans d’autres établissements de la ville (lycée bilingue d’Essos, lycée d’Emana, lycée de Mballa II).

Cela dit, le théâtre, entendez les représentations données sur scène, occupent une place centrale dans l’événement. Plusieurs pièces ont déjà été jouées. En fait, selon Ambroise Mbia, pratiquement tous les spectacles annoncés se sont tenus. En ville comme en périphérie. Rencontrant un certain succès : d’après le président des Retic, le proviseur du lycée de Mfou, par exemple, a vivement apprécié le fait que ses élèves puissent revisiter l’histoire coloniale à travers l’adaptation du " Vieux nègre et la médaille " (mis en scène par le Théâtre Oshumaré du Bénin). Le reste du programme prévoit, entre autres prestations, celle de Kouokam Narcisse cet après-midi à l’espace Africréa sis à Bastos.

Rappelons que l’édition de cette année fait la part belle aux noms qui ont influé le théâtre local d’une façon ou d’une autre. " L’objectif premier de cette édition était de rassembler toutes les personnalités ayant marqué l’histoire du théâtre camerounais et les hommes de théâtre qui continuent à se battre pour sa survie. " Ce qui explique notamment qu’elle ait pour président d’honneur un certain Guillaume Oyono Mbia. Mais d’autres noms ont été associés à l’événement : Victor Elamé Musonga, Charles Nyatté, Patrice Ndedi Penda, etc. A l’occasion du colloque national sur le théâtre camerounais (tenu du 17 au 19 novembre), tout ce beau monde s’est retrouvé pour réfléchir. Surtout à l’avenir de cet art sous nos cieux.

  CULTURE Jeudi 23 Novembre 2006
Et Vincent vint en scène
 Alain TCHAKOUNTE
 [23/11/2006]

Vincent Mambachaka, le metteur en scène centrafricain qui dirige un atelier dans le cadre des Retic,est un immense personnage de l’art africain.

Par quel bout le prendre ? Sûrement pas par le chapeau de paille qui couvre sa ronde tignasse ébène. Et que pour rien au monde il n’enlèverait. Un gris-gris peut-être ? " Non, simplement une façon d’être ", déclare-t-il en souriant. Il est ainsi, Vincent Mambachaka, l’animateur de l’atelier de mise en scène organisé en marge des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun. Entier, iconoclaste et un brin atypique. Admirable, indiscutablement. Tout le monde veut lui serrer la main, faire un brin de causette avec lui, écouter son bagout inimitable. Bassek ba Khobio le cinéaste, Yves Bourguignon le directeur du CCF, sont ses interlocuteurs privilégiés. Sans oublier les nombreux jeunes participants qui se bousculent presque, pour lui acheter son paquet de cigarettes, ou simplement décrocher son téléphone pendant qu’il est occupé.

C’est que l’homme, fort de son parcours que lui-même n’arrive plus à rassembler, est une icône de l’art africain en général, et du théâtre en particulier. " Ambroise Mbia m’a donné un coup de pouce lors de cette 15e édition des Retic. Si j’ai accepté de diriger cet atelier, c’est d’abord parce que j’ai constaté des problèmes de démarche artistique et des reculs dans le niveau de création. Il y a des problèmes un peu partout en Afrique ", explique-t-il. " Ensuite, on impose une esthétique de création aux Africains, avec l’utilisation du corps nu, dans le théâtre, l’homosexualité qui devient suggérée dans les pièces... Certaines perversités que l’on veut pousser les Africains à adopter. C’est un réseau dans le dispositif français qui s’est installé, parce que nos Etats ne veulent pas prendre leurs responsabilités ", gronde-t-il. Au cours de cet atelier, l’homme partage son parcours, discute avec la trentaine de participants de son rapport avec l’acteur, l’espace, la relation au texte, qu’il qualifie de passionnelle, voire charnelle.

En fait de parcours, celui de Vincent Mambachaka est immense. S’il brille par sa modestie à ce sujet, d’autres qui l’encensent. " A 19 ans, il a été le 1er metteur en scène africain avec la pièce Ubu Toujours [tirée de " Ubu roi " d’Alfred Jarry, NDLR], à avoir fait le tour du monde, avec près de 274 représentations aux Etats-Unis et au Canada !", s’extasie Bill Modo de Scène d’Ebéne. Ambroise Mbia, le promoteur des Retic : " Vincent Mambachaka est au niveau africain l’un des hommes de théâtre les plus représentatifs. Nous lui avons confié le volet formation en Afrique centrale en direction des jeunes. Je sais que quand il prend la parole, il a quelque chose à apporter ".

Né en RCA en 1964, Vincent Mambachaka a été initié au théâtre par son grand-père, avant de suivre une formation universitaire et professionnelle, qui l’a notamment mené au conservatoire de Paris. Aujourd’hui, même s’il affirme être d’abord un acteur, il s’est investi dans l’ingénierie. Avec la création en RCA de l’Espace Lingatere, qui a formé plusieurs jeunes dont Tony Mefe. Mambachaka a tourné à travers le monde et on retient parmi ses représentations, " Le prophète et le président ", " La marmite de Koka Mbala ", " La tortue qui chante ", etc. Dans ses pièces il interroge souvent la dimension de la folie et le pouvoir, la dualité entre pouvoir et religion, ou encore la quête d’une identité d’Africain. A la trentaine de jeunes qui s’abreuvent à son savoir-faire, le metteur en scène affirme apporter la réflexion, et donner des clés pour des créations africaines dirigées vers l’Afrique, " pour qu’on ne nous dise plus ce que nous devons faire ".


 

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CULTURE | 17 Nov 2006
Théâtre : Kourouma revient au Cameroun
La pièce "Allah n'est pas obligé” sera jouée demain à Yaoundé
J. R. N. (Source dossier de presse Ccf)

Le roman avait suffisamment fait parler de lui pour que l'adaptation théâtrale de "Allah n'est pas obligé" soit attendue comme un événement. L'oeuvre d'Ahmadou Kourouma, le célèbre écrivain ivoirien décédé en 2003, après avoir écrit des succès de la trempe du "Soleil des indépendances" et bien sûr de "Allah n'est pas obligé", récompensé en 2000 par le jury du prix Renaudot, a fait le détour du Cameroun. Un voyage dans l'univers de ces enfants soldats, dont on a tant parlé dans les guerres fratricides qui ont ensanglanté, pendant des années, le Libéria et la Sierra Leone.

On aura une pensée pour eux, ce week-end à Yaoundé. Après la représentation qui a eu lieu mardi dernier au Centre culturel français de Douala, ce sera au tour du public de Yaoundé de découvrir le spectacle mis en scène par la Française Catherine Boskowitz, avec comme comédien principal le Congolais Marcel Mankita, dans le rôle de Birahima, l'enfant soldat. Et si l'on s'en tient aux échos du spectacle du 14 novembre dernier à Yaoundé, le public a apprécié. "Seul en scène, Marcel Mankita en clown de cabaret, mordant et ironique, nous interpelle, nous provoque et réussit à faire vivre le calvaire de ces mômes sacrifiés, avec gravité et pudeur. Un spectacle “intranquille“ qui vous travaille durablement. Culture traditionnelle et contemporaine se mêlent : ce mélange des genres est certainement une clé du succès du spectacle", peut-on lire dans le dossier de presse.

Ce dernier précise : "Catherine Boskowitz, metteur en scène, a adapté de façon saisissante Allah n’est pas obligé, le récit d’Ahmadou Kourouma sur les enfants soldats. Misère, guerre et violence sont abordées sur le ton de l’humour noir. Le texte excelle à mélanger le burlesque et le cauchemardesque, le romanesque et l’historique." Le metteur en scène, elle-même, s’explique sur le travail qu’elle a accompli : " L'histoire d'un enfant soldat aujourd'hui, kalachnikov en bandoulière sur les routes du Libéria et de la Sierra Léone... Quelle scène inventer pour raconter le tralala des Kalachs, les sagas des dictateurs, les rêves d'enfants, les marches dans la forêt ?

Si j'ai choisi de mettre en scène Marcel Mankita en clown dément, seul sur le plateau, comme surgi d'une boite de Pandore, c'est parce que je préfère toujours l'insolence des bouffons aux clichés compassionnels et anesthésiants qui, sur les sujets du malheur, font le quotidien de nos médias."
Ahmadou Kourouma est né en Côté d'Ivoire en 1927. Il connut divers exils (Algérie, Cameroun, Togo). Après des études de mathématiques à Paris et à Lyon, il écrit en 1976 son premier roman ; Soleil des indépendances, une véritable satire politique. Dès lors, il est reconnu comme l'un des écrivains les plus importants du continent africain. En attendant le vote des bêtes sauvages (1998, Prix du Livre Inter en 1999), épopée d`un chasseur de la tribu des hommes nus qui devient dictateur à l`africaine, continue à révéler un certain style qui oscille élégamment entre humour et lucidité. Allah n'est pas obligé (prix Renaudot 2000) est son dernier livre.

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CULTURE | 21 Nov 2006
Théâtre : Un "vieux nègre" béninois aux Retic
L’adaptation au théâtre du roman de Ferdinand Oyono a été jouée vendredi dernier à Yaoundé.
Justin Blaise Akono

La pièce " Allah n’est pas obligé " de la compagnie ivoirienne Ymako Theatri, était prévue à l’ouverture des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic). Malheureusement, " Allah " ayant été obligé d’être en retard du fait des problèmes de transport et reprogrammé plus tard, c’est avec un bonheur égal que les amoureux du théâtre de la ville de Yaoundé, déjà informés le matin, se sont déplacés à la grande salle de l’hôtel Djeuga Palace pour la représentation du "vieux nègre et la médaille". Une adaptation béninoise du roman du Camerounais Ferdinand Léopold Oyono. Une œuvre de 1957, remise au goût du jour par la troupe le théâtre Oshumaré, sur une mise en scène du poète et dramaturge Hermas.

C’est au lycée que Hermas est épris du roman qu’il a au programme d’études. " Je voulais écrire une pièce qui fustige la mauvaise gestion de nos pays, quand j’étais au Sénégal en 2003. C’est alors que je me rends compte que "le vieux nègre et la médaille" convenait avec mon idée. On est tous devenu Meka, le vieux nègre". Il adapte alors le roman du ministre camerounais de la Culture. Il choisit de travailler avec un seul acteur sous la forme du mono théâtre. "Je voulais qu’on appuie l’attention sur le personnage unique qu’est Meka. Car, les autres ne sont que des adjuvants", explique-t-il.
Trois mois et deux résidences ont été nécessaires pour préparer le spectacle dont le metteur en scène et l’acteur disent être sur la voie de la perfection souhaitée. L’acteur Gbaguidi dit vivre Meka en lui. "C’est un personnage mythique. Il a traversé les âges et il va continuer à le faire, car, même après Ferdinand Léopold Oyono, on continuera de parler de Meka", a confié Gbaguidi, qui révèle incarner trente-deux personnages à la fois dans cette pièce. Déjà des lauriers à l’actif de la pièce, qui vient de recevoir le "Toumaï" au Tchad et le prix de la Fraternité au Togo.

Dr Etoundi Mballa du service des urgences de l’hôpital central de Yaoundé, qui sait soigner les corps, est venu soigner son esprit. " Je suis très ému de voir jouer cette pièce que j’ai lue tout jeune. Je suis par ailleurs frappé par l’ambiance conviviale qui règne au sein du public et des acteurs. Je suis devenu un mordu des Retic. J’ai l’impression que le public de Yaoundé n’est pas informé de la qualité du spectacle offert ", a-t-il déclaré à la fin du spectacle. "Je suis très impressionné par ce one man show, car je m’attendais à une représentation classique avec plusieurs acteurs" indique le dramaturge Guillaume Oyono Mbia, très connu pour ses "Trois prétendants…un mari".

Dans la salle très étroite, plusieurs comédiens ont apprécié le spectacle. Parmi eux, le Camerounais, Philippe Mbako. "Je me suis bien diverti et cela m’a permis de me replonger dans une œuvre et de revoir les différentes techniques d’interprétation ? Mais alors, quelle finesse de pouvoir ramener en quelques lignes ce gros travail romanesque. C’est du talent et bravo au metteur en scène et à l’acteur", a dit Philippe Mbako. Par contre, Venant Mboua fait quelques reproches à cette représentation : "elle a fait perdre toute la substance que contient l’œuvre de Ferdinand Léopold Oyono. Je ne pense pas que ce soit un texte qui mérite d’être joué en mono théâtre", a déclaré Venant Mboua. Il a précisé que "Le vieux nègre et la médaille se déroule à l’intérieur d’une communauté. Comment restituer cette ambiance en mono théâtre ? C’est certainement faisable. L’acteur du jour l’a fait. Mais, trop en demi teinte", a-t-il conclu. Cette pièce est encore programmée cet après-midi à Africréa, et jeudi soir au Centre culturel français de Yaoundé.


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CULTURE | 21 Nov 2006
Hubert Mono Ndjana : Que l’Etat donne un statut à l’artiste
Le rapporteur du 2è colloque sur le théâtre camerounais revient sur les résolutions.
Propos recueillis par J. B. A.

Quel bilan tirer de colloque sur le théâtre camerounais tenu le week-end dernier en faveur des rencontres théâtrales internationales du Cameroun ?
Tout le monde s’est réjoui de la vitalité du théâtre camerounais dont la longévité est due aux ancêtres que sont Jean Baptiste Obama, Jean Marie Nzouankeu dans les années 40 et les autres, en passant par les anciens que les jeunes ne connaissent pas aujourd’hui, tels que Patrice Ndédi Penda, Guillaume Oyono Mbia, qui tous étaient là, tout comme les jeunes loups tels André Bang ou Venant Mboua, Jacobin Yaro. Nous avons pu établir une différence entre l’époque Ahidjo et l’ère Biya. La première étant caractérisée par une faible marge de manœuvre dans le domaine de la réflexion et de l’expression des idées et par conséquent de l’expression scénique. Or, sous l’ère Biya, avec la liberté d’expression, le théâtre a évolué du burlesque à la réflexion sur des problèmes de société comme la corruption, et les problèmes politiques plus pointus. Le théâtre est vivant et la flamme maintenue.

Néanmoins, il existe des zones d’ombres…
Oui. Nous avons malheureusement constaté que l’Etat se caractérise par certaines carences vis à vis de ses devoirs. Il aurait pu donner au théâtre la même importance qu’il a donnée au football. Beaucoup de comédiens ont regretté d’avoir remporté des prix à l’étranger sans que la presse nationale en fasse le moindre écho. Ceci est une cause de frustration pour les artistes. Car, dans le théâtre, on exprime les valeurs immortelles, le bien le beau, l’absolu. Nous avons constaté la désaffection des salles de théâtre. Très peu viennent au festival. Même quand ils sont gratuits. Beaucoup ont essayé d’expliquer ce phénomène avec l’avènement de la télévision. Mais, en France, les salles sont pleines et les places payées six mois à l’avance. Le grand art fait défaut au Cameroun parce que les artistes sont découragés.

Le théâtre se porte bien. Mais, comment comprendre que les salles soient désertées aujourd’hui ?
C’est le miracle camerounais que les structures n’existent pas pendant que les comédiens font des bonds prodigieux tant sur le plan national qu’international. L’on peut faire le même constat pour le football. Ceci explique le volontarisme des hommes de culture camerounais, qui sont bondés d’énergie. Ils font de leur mieux en jouant dans les sous quartiers, les vieux garages, et partout où ils peuvent jouer. Ils voyagent à l’étranger grâce parfois à des financements privés.

Quelles sont les grandes résolutions de ce deuxième colloque du théâtre camerounais ?
L’une des plus fortes a été que l’Etat donne un statut à l’artiste camerounais dans le cadre du théâtre national. Ceci, pour que les jeunes, en grandissant, sachent que c’est un métier. Tout le monde s’accorde à dire que l’Etat doit élaborer une politique culturelle bien comprise au lieu de laisser les jeunes gens jouer la chance.

Pourquoi avoir choisi le même thème que celui du premier colloque tenu en 1987?
Cela veut dire qu’il y a eu une rupture dans la pensée. On ne se souvient plus des pensées anciennes. Les jeunes ont toujours besoin d’un bilan. Si le bilan n’est pas régulièrement rappelé à la mémoire collective, revisité constamment, les souvenirs disparaissent.


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SUPPLEMENT CULTURE | 23 Nov 2006
Déclin : Le théâtre camerounais se meurt
Les principaux acteurs disent opter pour la scène internationale plus porteuse.
Justin Blaise Akono

" Aujourd’hui, on ne se demande plus : quelle est la pièce programmée ? On se demande plutôt : y aura-t-il théâtre ? " Cette remarque d’André Bang, comédien, metteur en scène, opérateur culturel, promoteur du théâtre de la rue, annonce les couleurs dans le débat sur le bilan du théâtre camerounais. La semaine dernière déjà, les différents acteurs du secteur se sont retrouvés au centre d’art contemporain Africréa de Yaoundé, dans le cadre d’un colloque intitulé " théâtre camerounais : bilan et perspectives ". Sur la table des hommes de théâtre, des dossiers sur la promotion, la professionnalisation, la diffusion et le rôle des uns et de autres.

Hubert Mono Ndjana, dramaturge et par ailleurs président du conseil d’administration de la société civile du droit d’auteur de la littérature et des arts dramatiques (Sociladra), faisait remarquer, dans le sens du débat que : " Le théâtre fait preuve de vitalité avec une marge d’expression un peu plus grande qu’autrefois. Le théâtre a quitté l’aire burlesque pour réfléchir sur les questions de l’heure telles que la corruption et les problèmes politiques les plus pointus ".Un constat qu’il nuance lui-même : " Nous avons constaté la défection des salles de spectacle. Très peu viennent aux festivals. Même ceux qui sont gratuits ". A cette triste situation, plusieurs raisons, dont la première semble infrastructurelle. " Les salles de spectacles n’existent pas pendant que les comédiens font des bonds prodigieux sur la scène internationale. C’est le paradoxe camerounais ", s’indigne Hubert Mono Ndjana.

Le comédien Massa Batré rappelle que : " le Cameroun n’a plus d’infrastructures où les comédiens peuvent s’exprimer ". Salomon Tatmfo, plus connu sous le nom de " Essola " le sorcier, lui, sait ce que sont devenues les salles de spectacle " Les salles de spectacle d’hier sont devenues des supermarchés ". André Bang est plus critique : "Il n’y pas de salles au Cameroun. Ce sont les centres culturels étrangers qui accueillent les spectacles. Et pourtant, le théâtre camerounais a un grand public. Au Cameroun, c’est le politique, la politique et rien que la politique ", martèle-t-il. Et pourtant, " ce sont les salles qui donnent une densité au spectacle. Au Centre culturel camerounais par exemple, il y a un problème de sécurité", estime José Charles Ewané, comédien, metteur en scène et directeur artistique des rencontres théâtrales du Cameroun (Retic).

Qualité
Charles Nyatte, comédien, créateur de la troupe les Tréteaux d’ébène en 1969, nostalgique, se souvient que "la décennie 70 est l’âge d’or du théâtre camerounais. Ce théâtre qui était déjà gratuit et nous nous produisions pour le plaisir. L’écriture s’est développée, les prix sur la scène internationale se sont multipliés à l’instar de Patrice Ndedi Penda (Le fusil), Raymond Ekosson ". Mais, " après les années 80, les gens ont commencé à déserter les salles parce qu’on leur présentait déjà n’importe quoi. Les principaux acteurs de la filière avaient pris goût à l’argent et le travail était déjà mal fait ", commente " Essola ", comédien depuis 1966. Massa Batré indexe " ces charlatans qui en profitent pour gagner du terrain ". La plupart pointent du doigt l’arrivée de la télévision.

D’autres personnes estiment que la formation des comédiens y est pour quelque chose. La plupart des " anciens " reconnaissent avoir été formés sur le tas. A l’Université de Yaoundé I, une filière de la faculté des arts, lettres et sciences humaines forme dans les arts dramatiques. Mais, selon José Charles Ewané, directeur artistique des Retic, "cette filière forme plus des diplômés que des professionnels. Il existe aussi des formations ponctuelles comme lors des Retic. En attendant, les Camerounais, qui sortent pour se former, ne reviennent souvent pas".
Les planches sont alors désertes. "Le théâtre camerounais est en train d’évoluer. Mais, il fait son bonhomme de chemin à l’extérieur. Car, nous ne pouvons plus continuer de fonctionner dans un régime qui ne donne pas la possibilité de fonctionner ", se plaint André Bang.
C’est alors qu’émerge le problème financier. Les opérateurs de spectacles, organisateurs de festivals et bien d’autres manifestions relatives au théâtre disent se tourner vers la coopération internationale. Ambroise Mbia, président des Retic, reconnaît que " cette coopération internationale apporte son soutien matériel et financier pour la diffusion des spectacles ". Cet apport reste un appoint car, à l’ouverture des Retic, Ambroise Mbia a déclaré qu’il " est toujours difficile de réunir les fonds selon le budget arrêté.

Festivals
Depuis quelques temps, le ministère de la Culture offre une aide aux artistes dans le cadre du compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle. André Bang, directeur du Festival Net Plateau Vivant, a reçu 3.000.000 Fcfa alors qu’il en avait demandé 17.000.000. " On pousse les gens vers la médiocrité ", se plaint le concerné, avant d’ajouter que " le Cameroun est le socle de l’assassinat du théâtre camerounais ". Hubert Mono Ndjana révèle que " beaucoup de comédiens se disent frustrés, ils ont regretté d’avoir remporté des prix à l’étranger sans qu’un écho n’en soit fait ".
La vitalité qu’évoque Hubert Mono Ndjana s’exprime aussi sur les planches. En dépit des moyens toujours insuffisants, quelques festivals continuent à maintenir en vie le théâtre camerounais au Cameroun : le festival les moments du conte (Festmoc), les rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic), Festi-Forum, le festival africain pour l’enfance et la jeunesse (Fatej), le festival des Arts et Théâtre pour l’Enfant Africain (Fatéa), ainsi que le Festival Net Plateau Vivant d’André Bang.

Outre des troupes venues de plusieurs pays africains ou occidentaux, quelques compagnies locales continuent à espérer. Il s’agit notamment des Masques noirs du Cirac de Alex David Longang, Le Cocrad de Jacobin Yaro, Guillaume Ekoumé de Douala, Musinga Drama Group of Buea de Victor Elame Musinga, la compagnie les Copains d’abord avec Narcisse Kouokam, la compagnie We Guara avec José Charles Ewané, le Théâtre du Chocolat avec Etoundi Zéang, etc. " Scènes d’ébène " de Tony Meffe fait partie de associations, qui organisent aussi des rencontres théâtrales.
Pour un retour en salle des amoureux du théâtre et une rentrée effective sur les planches, Hubert Mono Ndjana propose que " l’Etat donne un statut à l’artiste camerounais dans le cadre du théâtre national. Ceci pourra motiver les jeunes générations". Salomon Ntatmfo, " Essola ", suggère " qu’on redevienne sérieux comme avant et que les gens ne fassent pas ce métier parce qu’ils n’ont rien trouvé d’autre à faire. Que l’artiste puisse ressentir les retombées de son travail ". Ceux des artistes sollicités sur la scène internationale disent pouvoir vivre de leur art.


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   CULTURE Vendredi 24 Novembre 2006
Revoici Guillaume Oyono Mbia
 AN
 [24/11/2006]

Des générations d’élèves l’ont lu ou en ont simplement entendu parler. Peut-être pas beaucoup depuis quelques années parce que c’est désormais un retraité de la Fonction publique, où il a longtemps servi comme enseignant et interprète. Mais l’homme, bien qu’il ait pris de l’âge, comme il le dit lui-même à CT, est resté alerte. La retraite, qu’il vit à Mvoutessi, son village, ne l’a pas coupé du reste du monde. Ni de son activité d’auteur, d’ailleurs. C’est qu’il continue d’écrire, Oyono Mbia. Le virus, qu’il a attrapé alors qu’il était en classe de Seconde, le taraude toujours. L’auteur de " Trois prétendants… un mari " — pièce qu’il a écrite sans avoir jamais assisté à une représentation théâtrale — de " Jusqu’à nouvel avis " (1966) ou de " Notre fille ne se mariera pas ", entre autres, compte encore publier.

Dans son nouvel environnement, ce n’est pas facile, confesse celui qui s’estime perfectionniste. Heureusement, il bénéficie du soutien de Julienne, son épouse, qui veille au calme autour de lui quand le dramaturge entre en création, et qui n’hésite pas à s’installer au clavier de l’ordinateur maison pour se mêler de l’affaire. Oyono Mbia se félicite aussi, avec humour, de jouir d’une santé " pas tout à fait défaillante ". A bientôt 70 ans (il est né en 1939), il faut effectivement avoir de la santé pour se prêter, tôt le matin, à un entretien peut-être trop long.



  CULTURE Vendredi 24 Novembre 2006
Guillaume Oyono Mbia : "Je n’ai pas arrêté d’écrire"
 Propos recueillis par Alliance NYOBIA
 [24/11/2006]


Auteur du célèbre " Trois prétendants… un mari " et président d’honneur des Retic 2006, Guillaume Oyono Mbia se confie à CT.
Photo Oyono Mbia
Que devient Guillaume Oyono Mbia ?

Je ne crois pas avoir beaucoup changé, en dehors du fait que j’ai pris de l’âge. J’occupe mes jours à des travaux quotidiens dans mon village, Mvoutessi. Je continue à écrire, et dans les prochaines semaines ou mois, je devrais publier une nouvelle pièce sur laquelle je travaille. De façon pas très régulière, je dois dire. Vous savez, au village, on reçoit beaucoup de visites, de gens qui ne comprennent pas toujours que vous vous enfermiez dans un bureau pour écrire. On a plutôt tendance à vous croire misanthrope, à penser que vous n’aimez pas les gens. Ce qui est tout à fait contraire à mon caractère. Mais on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Alors je m’isole parfois pour écrire, me concentrer sur un ou deux nouveaux titres. Parce qu’il arrive que je travaille sur deux pièces en même temps. Ce n’est pas toujours facile de mener une telle activité avec d’autres comme les travaux champêtres, la participation à des deuils, des rites, etc. Beaucoup de choses arrivent comme ça, qui interrompent l’inspiration. Or la création littéraire demande de la concentration et du temps.

Parlons création justement. Quel est votre regard sur le théâtre camerounais aujourd’hui ?

Le théâtre camerounais donne parfois l’impression de faire du surplace. Mais j’ai été agréablement surpris de m’apercevoir, au cours de cette édition des Retic [Rencontres théâtrales internationales du Cameroun] qu’il y a des jeunes talents qui émergent (quand je dis jeunes, c’est par rapport au début dans la profession). Je pense qu’il y a bien des choses à encourager, et qui sont déjà en elles-mêmes encourageantes, pour moi qui désespérais de voir tout cela progresser. Mais ce qui est quelque peu étonnant, c’est que du côté des pouvoirs publics, on semble faire du surplace également. Autant il manquait de salles vraiment consacrées au théâtre ou aux spectacles dans les années où j’ai commencé à écrire, autant il en manque aujourd’hui. En la matière, nous jurons toujours par des infrastructures étrangères. Ce n’est pas parce que le Centre culturel français est resté longtemps chez nous que nous finirons par l’appeler camerounais.

A côté de ce problème d’infrastructures, n’y a-t-il pas un problème de ressources humaines ? Que font les hommes de théâtre pour faire rayonner leur art ?

Ils essayent de le faire rayonner. Mais je dois dire que le rayonnement en tant que tel dépend de beaucoup de choses. Il y a des problèmes économiques aussi. Le problème d’infrastructures est réel. Celui des personnes aussi, certes. On peut écrire. En dehors de trouver du papier et un stylo pour cela, il est difficile d’être homme de théâtre sans avoir vraiment vu jouer des pièces. Il y a beaucoup de gens qui s’essayent au théâtre. Je suis un des lecteurs des pièces soumises aux éditions Clé — dont je suis premier auteur, soit dit en passant — et je constate une certaine immaturité en ce qui concerne la forme. Il faut par exemple se rappeler qu’on écrit des dialogues. Un monologue peut aussi se faire, mais dans ce cas, il faut le rendre théâtral. Le théâtre, c’est la vie. J’ai rarement vu des pièces écrites pour des morts. Beaucoup misent sur une certaine virtuosité littéraire. Mais autant on doit se préoccuper de bien écrire dans la langue utilisée, autant il faut respecter les règles de l’écriture théâtrale.

Ceci devrait passer par une formation…

Oui, il faut quand même un minimum de formation. Il y a des écoles de théâtre un peu partout dans le monde. Je ne dis pas d’écriture théâtrale. Le théâtre étant un art, on doit y former les gens. Il n’existe pas d’école d’art dramatique au Cameroun. Il ne sert à rien d’affirmer que nous sommes culturellement riches si nous n’avons pas les moyens de le montrer. Je souhaiterais qu’il y ait des lieux de formation, où les jeunes par exemple pourraient se sentir libres de s’initier à la création littéraire. Ce n’est pas une chose forcément donnée à tout le monde, mais avec un minimum d’initiation à l’ABC, nous pourrions avoir un peu plus de créateurs. J’ajoute que ceux qui le sont déjà sont parfois découragés par le fait que, une fois l’œuvre terminée, ils n’ont pas où la présenter… Si on ne prend pas le théâtre au sérieux, le théâtre ne sera pas sérieux. On pourrait créer des salles au niveau des départements ou au moins des provinces, où les gens se sentiraient dans une véritable ambiance culturelle.

Formez-vous personnellement des disciples à qui vous passeriez éventuellement le flambeau ?

C’est difficile, par les temps qui courent, de former quelqu’un alors qu’il n’est pas en mesure d’admirer quoi que ce soit. Chez nous, généralement, on n’admire que ce qui est matériellement visible. Si les gens voient une grosse voiture que Guillaume Oyono Mbia a eue grâce au théâtre, alors ils viendront, dans l’espoir de gagner quelque chose eux aussi. Cela dit, si on crée une structure dans le cadre de laquelle il faudrait former au théâtre, je crois que le plus difficile serait dans la formulation des programmes. Mais je pense surtout que la formation vient par la pratique. C’est en forgeant et en regardant forger qu’on devient forgeron. Je souhaite qu’il y ait des lieux de rencontre, et que ceux qui existent déjà soient réhabilités. Beaucoup de grandes nations se sont fait connaître par les arts dramatiques. Pourquoi ne serait-ce pas le cas du Cameroun ?

Vous devez une bonne partie votre notoriété à " Trois prétendants… un mari ". Quelle est la genèse de cette pièce ?

Je l’ai écrite en classe de Seconde. J’en ai commencé la rédaction en janvier 1960. C’était la mise en forme dialoguée des épisodes d’un incident qui m’avait à la fois amusé et presque attristé. Il s’agissait d’une aventure survenue à une de mes cousines, qui fut obligée d’épouser ce que j’appelle dans la pièce un grand homme — qui n’était pas forcément un fonctionnaire de Sangmelima.

L’œuvre est donc tirée d’une histoire vraie ?

Tout à fait. Mais je précise que des choses comme l’incident du sorcier et celui du vol de l’argent ont été imaginées par moi. Ensuite, contrairement à ce qui est dit dans la pièce, la jeune fille avait été contrainte d’épouser un monsieur qui se trouvait être un député. Cela dit, mes autres pièces ne sont pas nécessairement inspirées d’incidents semblables. Il m’arrive d’écrire parce que je suis sollicité pour le faire. C’est le cas par exemple avec " Jusqu’à nouvel avis ", que j’ai écrit en anglais (sous le titre " Until Further Notice ") en 1966 alors que j’étais étudiant en Angleterre. La BBC avait lancé un concours, le African Theatre Competition. Ma pièce a été retenue comme la meilleure parmi 340. C’était la première pièce radiophonique que j’écrivais.


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CULTURE | 24 Nov 2006
Théâtre : Comment " Attachez vos cadavres "
La pièce tchadienne était à la 5è soirée des Retic mardi dernier au Ccf de Yaoundé.
Justin Blaise Akono

Les spectateurs rendus au Centre culturel français de Yaoundé mardi dernier pour la cinquième soirée des 15è rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic), étaient bien curieux de découvrir comment le Théâtre Maoundoh-culture du Tchad allait représenter sa pièce intitulée : "Attachez vos cadavres". "Va-t-il s’agir de la manière dont les Tchadiens procèdent avant d’enterrer leurs morts?", s’est interrogé, curieux, Constant Mballa. Que non !
Pendant près d’une heure, Jean Baptiste Yanadina, "son épouse" Achta Saïmoune Hadje, Pircolossou Abeye et le " bon Dieu ", Abdelkader Mahamat vont entraîner le public à travers les turpitudes d’un couple secoué par la misère. La femme est considérée comme "la personne qui rêve du paradis, qui veut mourir. Mais, lorsque la mort arrive, c’est elle qui décline l’offre", indique l’acteur Jean Baptiste Yanadina.

Le metteur en scène, Vangdar Dorsouma, qui a écrit la pièce il y a dix ans, précise le sens de l’intrigue: "Attachez vos cadavres est une vision méticuleuse de [nos] réalités africaines caractérisées par la souffrance quotidienne des hommes qui implorent sans cesse la mort, feignant d’ignorer cet océan de peur qu’ils trimbalent en eux ". La perversion, l’infidélité, les maladies, la guerre, l’escroquerie, la corruption… précèdent le triptyque vie-mort-jugement dernier. "Cette pièce met en exergue l’image de l’au-delà et de l’inévitable procès des hommes par le juge absolu ", ajoute-t-il. Alors, "si l’homme est appelé à mourir, il doit poser des actes qui sont bien", conclut Dorsouma, philosophe.
L’histoire se déroule dans deux mondes différents. Dans le premier, le couple se dispute. L’époux, politicien, évoque les problèmes de société, les foyers de tension, l’ingérence, les régimes politiques, et même les problèmes de cœur qu’il a avec son épouse, une simple ménagère. L’autre monde est cette rencontre avec Dieu, qui ne se passe pas sans heurt. Puisque l’homme accuse Dieu et pense que ce dernier est trop tolérant. "N’est-il pas complice de ceux qui nous écrasent?", s’interroge l’homme.

Plusieurs fois, la pièce "Attachez vos cadavres" a arraché les applaudissements du nombreux public dans lequel se trouvait l’ambassadeur du Tchad au Cameroun. Les effets spéciaux ont agréablement surpris certains. D’autres, venus pour la première fois, semblaient comblés. Parmi eux, Berthe Gache. "Cette pièce m’a replongée dans les problèmes existentiels tels que la vie, l’au-delà, le sens de l’amour", a-t-elle décliné, avant de se dire "très satisfaite par le spectacle que ces Tchadiens ont présenté". Un avis que ne partagent pas d’autres spectateurs.
Régulièrement, le public demandait au "bon Dieu", de hausser la voix. Jacobin Yaro, metteur en scène et comédien camerounais, s’est dit quelque peu déçu. "C’est une pièce qui, au niveau de l’écriture, ne propose pas d’action dramatique pour une bonne création scénique. On a l’impression que ça bloque au niveau de l’interprétation", a-t-il souligné, avant d’ajouter qu’il y a pourtant une bonne intention didactique. Mais, il a déploré qu’on ne s’anime pas sur la scène, comme on devrait le faire dans un théâtre. Pour Jacobin Yaro, "l’autre difficulté est que, quand un auteur doit écrire un texte et le mettre en scène, a-t-il toujours le recul nécessaire pour savoir que la force pour une scène a d’autres critères que la force qu’on met à écrire un texte?"

   
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   DOSSIER DE LA RÉDACTION Mercredi 29 Novembre 2006
Ces maux qui attendent remèdes
 Alliance NYOBIA
 [29/11/2006]

Notre théâtre traîne plusieurs boulets : questions d’infrastructures, banals problèmes d’ego...

"Les problèmes du théâtre camerounais sont nombreux. Et les responsabilités se partagent entre artistes et responsables chargés de soutenir notre culture ". Le dramaturge qui tient ses propos les débite sur le ton de l’amertume. Une tristesse teintée de colère, devant ce qu’il considère comme un gâchis : la pierre précieuse n’a pas été bien conservée et son éclat est terni par une gangue de crasse. Opinion trop tranchée ? Ça peut se discuter. Ce qui peut moins être sujet à débat, c’est qu’il a existé une époque — peut-être pas glorieuse au plein sens du terme — où les planches vibraient plus qu’aujourd’hui.

" Nous avons connu un relatif âge d’or entre la fin des années 70 et le début des années 80 ", relève un directeur de troupe déjà actif à cette période. Puis les problèmes ont commencé : " Une nouvelle classe d’artistes s’est infiltrée dans le milieu. Les comédiens ont commencé à errer de troupe en troupe, l’esprit "gombiste" est né ", ajoute notre source. Elle précise : " Une nouvelle race de comédiens est née avec l’arrivée de la crise économique. Malheureusement, ils sont les plus nombreux. Des gens qui, parfois, ne savent même pas marcher sur scène ". Un des gros obstacles du théâtre camerounais serait donc un problème d’hommes. De comédiens. Voilà qui conforte les nostalgiques de talents comme Oncle Otsama ou Jean-Miché Kankan — imités par beaucoup, égalés presque très peu.

Cela dit, même celui qui est bon dans sa partie a besoin de le faire savoir. Où ? Se pose le handicap des infrastructures. Des hommes de théâtre approchés, dont Guillaume Oyono Mbia, estiment qu’à un moment, il va bien falloir se produire ailleurs que dans les centres culturels étrangers. La réhabilitation annoncée du Centre culturel camerounais (" la meilleure salle pour le théâtre de par sa conception ", estime Etoundi Zeyang du Théâtre du Chocolat) devrait donner du baume au cœur des créateurs et autres comédiens. Surtout si elle est suivie par la construction de maisons de la culture au niveau départemental ou provincial, comme certains le souhaitent de tous leurs vœux.

En attendant, d’autres problèmes pourraient être réglés, comme ces querelles de leadership relevées par un promoteur de festival de la place. Davantage des affaires de coulisses que de scène, sans doute : quelques-uns ne se gêneraient pas pour tirer dans les pattes des autres. Histoire d’être le seul à briller sous un ciel gris (et de rafler au passage toute la gloire et tous les financements ?). Pour le reste, une fois la machine bien relancée, le public devrait suivre — comme au football. " Il y a un public du théâtre au Cameroun ", assure un comédien professionnel. S’il a déserté les salles à un moment donné, explique l’homme de théâtre, c’est " qu’il s’est senti abusé " dès que le talent a fui les planches. Il a fui aussi.

   DOSSIER DE LA RÉDACTION Mercredi 29 Novembre 2006
Compagnies privées : des satisfactions certes, mais…
 Alain TCHAKOUNTE
 [29/11/2006]

Des membres de l’association " Afrodiz’art ", qui viennent de participer avec succès à une tournée au Québec font figure d’exemple, malgré le marasme.


Ce n’est peut-être pas une compagnie de théâtre à proprement parler. L’association " Afrodiz’art " que dirige Leo Ngwao a, à son actif, la production de plusieurs spectacles du regretté Essindi Mindja, et plusieurs autres projets artistiques majeurs. Récemment, elle s’est distinguée de manière positive lors d’une tournée québécoise. Eshu, Venant Mboua, Douala Toto (comédiens) et Leo Ngwao (régisseur), ce qu’on pourrait appeler les quatre mousquetaires du théâtre camerounais, ont effectué en octobre dernier, une tournée nord-américaine, au Québec précisément. Durant leur séjour canadien, les membres de cette troupe ont été bien plus que des ambassadeurs du théâtre camerounais, les porte-flambeau d’un art en renaissance, quelques jours seulement après la 15e édition des Retic.

Les membres de cette association ont présenté dans plusieurs régions du Québec la pièce " Balaie ta cour ", qui traite de coopération internationale. Selon l’initiatrice de cette tournée, la Canadienne Hildegung Jansing, s’exprimant dans les colonnes du journal canadien " Les Actualités ", " les spectateurs ont apprécié la pièce de théâtre, et les comédiens camerounais ont apprécié la chaleur du public ". Ce que corrobore Eshu, fraîchement revenu de cette tournée canadienne : " Balaie ta cour a été représenté 12 fois dans plusieurs villes et villages du Québec. On a accompagné nos tournées, Venant Mboua et moi, d’un dizaine de spectacles de conte. Nous sommes de nouveau invités l’année prochaine, où nous irons cette fois-ci avec deux autres conte et pièce que nous créerons en mars prochain ".


Si cet exemple est de nature à chatouiller l’orgueil du Cameroun en matière de théâtre, il n’en reste pas moins que la réalité est implacable : les compagnies se meurent, les freelances sont nombreux. " La mode aujourd’hui est aux projets ponctuels, qui est la solution de facilité. Là, des comédiens sont sollicités pour une pièce, et après on se sépare. Pourtant, la troupe a cet avantage du didactisme et de l’initiation des plus jeunes ", explique Eshu. Si pour ce dernier, il faut " pas mal de travail et beaucoup de chance ", certains moins connus certes parviennent petit à petit à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de la compagnie " We Guara Culture " du jeune metteur en scène José Charles Ewane, qui, avec la pièce " Caligula " d’Albert Camus (programmé aux Retic) a reçu le grand prix du meilleur spectacle lors du festival Scène d’ébène en mars dernier…

   CULTURE Mardi 28 Novembre 2006
Victor Elame Mussinga is Back
 Fred VUBEM
 [28/11/2006]

The author of "Mr No Balance" is currently working on a TV series against Corruption.


Victor Elame Mussinga is the pioneer playwright and actor in Cameroon. His first play, Mr No Balance, won him national fame as the play was stage in several schools and colleges in the North West and South West Provinces. In addition to Mr No Balance which is well known to the Cameroonian public, Victor Elame Mussinga has published 58 plays, prominent among which are Tiku, Njeuma, Maka, Invitation to God and Balafon.

Besides playwriting, Victor Elame Musinga also created the first theatre group, the Musinga Drama club which has won several prizes including the first prize in the first ever arts and culture festival in 1974. The Musinga drama troop was to win many other national trophies to the point that whenever they were participating in a competition, "the other drama groups had to be fighting for the second, third or fourth position as they knew the first prize would be won by the Musinga drama group. "Anyone involved in drama today from the North West or South West Provinces, must have been motivated by my actions or nurtured by me", says he.


Victor Elame Musinga is inspired in his writing by everyday experiences in the society and says his goal is to instil a drama culture among English speaking Cameroonians. An objective he admits he hasn’t attained and is looking for new strategies to attain it. Due to the absence of sponsors, Musinga had to finance his drama club from his salary as a cultural animator in the ministry culture.

Now that he is retired, victor Elame Musinga has picked up his old dream of instilling a drama culture among Anglophones. He equally assists university students carrying out research in the domain of theatre arts. The author of Mr No Balance says people should not get involved in drama in order to make money but out of love for the art. In writing, he says every writer has a style and shouldn’t try to copy another man’s style. He also calls for self confidence and hard work among playwrights and actors. "Through theatre, you can educate people while entertaining them, he said.

The playwright and actor, is against rushing into film production when the drama culture hasn’t been implanted in the country. "Nigeria has had a drama culture for long before going into film acting and that is why they are succeeding," he said.

The father of three said, the saddest moment in his life is when he lost his wife six years ago. Something which made him to withdraw from public life and he confesses that he is only beginning to come out of the situation. Presently, Victor Elame Musinga is working with the assistance of Dr Jua of the University of Buea, to produce an anthology of his works. "This he said will be my legacy to Cameroon and Anglophone drama. In addition to that, he is also working on a TV series "which will deal on corruption and all its ramifications", to use his own words.



   DOSSIER DE LA RÉDACTION Mercredi 29 Novembre 2006
Et demain le théâtre camerounais…
 Alliance NYOBIA
 [29/11/2006]

A la faveur de deux festivals de théâtre qui viennent de se boucler à Yaoundé, le Fatej et les Retic, un constat au moins a pu être fait : le public local n’a rien contre ce genre de spectacle. Autrement dit, s’il y a de bonnes productions, les gens iront très probablement dans les salles. Mais il se pose un double problème : où sont les pièces et où peuvent-elles être jouées ? Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Le théâtre camerounais, dont beaucoup d’anciens s’accordent à dire qu’il a brillé pas mal à une époque, est en proie à de réelles difficultés aujourd’hui. Des professionnels du domaine en conviennent, d’ailleurs. La créativité semble fort discrète. Des troupes entrent de temps en temps en résidence et essayent de travailler, certes. Sur une année par exemple, personne ne dira que le public est assailli de sollicitations, qu’il croule sous les offres de spectacles. Juste une illustration : combien de supports — cassettes audio notamment — circulent proposant des prestations de comédiens ?

Elle n’est pourtant pas si lointaine, la période où Oncle Otsama et Jean-Miché Kankan enchaînaient albums et sorties sur scène. Avec le bonheur que chacun sait. Pour certains observateurs, il n’y a pas de miracle : la relance de notre théâtre passe, pour une bonne part, par la formation. " Nous ne rendons pas service aux jeunes qui veulent se lancer dans ce métier aujourd’hui, parce qu’ils l’apprennent mal ", déplore un auteur dramatique camerounais. " Il faut un minimum de formation ", confirme Guillaume Oyono Mbia. Ceci permettrait par exemple d’effacer du tableau quelques clichés… dramatiques. Des ersatz de Kankan qui encombrent la scène et, en fait, donnent plus dans la bouffonnerie que dans la comédie.

Evidemment, la formation souhaitée ne se dispenserait pas sous le premier arbre venu, ou autour d’une bière. Quelques-uns rêvent d’écoles ou d’instituts spécialisés, entièrement voués à cette cause. En fait, d’un bon cadre. Ce souci semble également partagé par les pouvoirs publics. De sources proches du ministère de la Culture, la réhabilitation amorcée du Centre culturel camerounais participe d’une logique générale de relance de notre art dramatique. Notons que dans la foulée, le Théâtre national lui-même devrait bénéficier d’une cure de jouvence. Recevoir du sang neuf pour redevenir une " vitrine de la culture camerounaise ", pour reprendre des termes d’un responsable du Mincult. Assurément, un mouvement impulsé par les pouvoirs publics aurait un impact décisif dans la reconquête des lettres de noblesse du théâtre camerounais. A propos de la troupe nationale, " il est prévu des tournées régulières à travers le pays et à l’étranger ", affirme une source autorisée.

Mais le retour en scène du beau et bon théâtre ne sera effectif que quand les faits auront succédé aux paroles. Ce qui ne se fera qu’à certaines conditions. Le Théâtre national ne peut pas donner de représentations un peu partout dans le pays s’il n’y a pas d’espaces aménagés pour cela. Les centres culturels étrangers ne peuvent indéfiniment abriter le gros des spectacles proposés sous nos cieux.

  DOSSIER DE LA RÉDACTION Mercredi 29 Novembre 2006
Revamping Cameroon’s Theatre Image
 Brenda YUFEH
 [29/11/2006]

The National Theatre Troop can also contribute to Cameroon’s theatre image if those involved receive formal theoretical training.

Over the years in Cameroon, the National Theatre Troop has been a source of attraction and entertainment to many individuals as it was fun watching the actors and actresses on stage. Stating that the group at times independently or with support from international organisations organises plays, critics say their existence and contribution to Cameroon’s theatre image can only have a positive push not only with government’s support to the group but with group members undergoing a theoretical study of what drama is all about.

The President of the Board of Directors of the Copyright Corporation of Literature and Dramatic Arts, Prof. Hubert Mono Ndjana, says over the years, the National Theatre Troop was not taken seriously but the group has participated in international competitions winning trophies for Cameroon as well as projecting the theatre image of the country. Prof Mono Ndjana says "the National Theatre Troop had existed like orphans but brave enough to represent Cameroon in international competitions".

It is said that members of the troop have the will and skills to project Cameroon’s theatre image but lack the formal lessons that could add impetus to what they do. Nevertheless, Prof Mono Ndjana says for the National Theatre Troop to contribute in revamping Cameroon’s theatre image, the government needs to buy equipment and create an appropriate technical hall or environment for displays.

Observers say the Cameroon Cultural Centre has a ridiculous image of an office abandoned. After visiting the locality somebody interested in theatre art can abandon the profession. Mono Ndjana says Cameroon’s theatre image reflects poverty, with artists appearing on stage in old and unattractive attires. Also, stage decor is rated as zero. The President of the Board of Directors of the Copyright Corporation of Literature and Dramatic Arts says what the audience see on stage is not a reflection of Cameroon culture but a mark of poverty. Hence colour, style and equipment should be added in refurbishing the theatre image of Cameroon which will attract individuals to visit show rooms when there is a theatrical performance.

Critics stress that while there is a greater ambition for the entire country, the culture sector should also have a greater ambition which will restore Cameroon’s theatre image.


  DOSSIER DE LA RÉDACTION Mercredi 29 Novembre 2006
Princesse Rabiatou Njoya : "Le bilan du théâtre camerounais est difficile à dresser"
 Propos recueillis par Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM
 [29/11/2006]

Princesse Rabiatou Njoya, dramaturge.

Comment se porte le théâtre camerounais ?

Le théâtre camerounais se porte comme il peut. S’il se portait mal on n’en parlerait pas et s’il se portait très bien, on n’organiserait pas de colloques, qui sont en quelque sorte les états généraux du théâtre camerounais. En effet, le deuxième colloque du genre, qui s’est tenu les 17 et 18 novembre derniers, a permis de faire un bilan et dégager les perspectives. Tant que les opérateurs de ce domaine ne se sont pas assis pour diagnostiquer le phénomène théâtre camerounais, ce sera difficile de dire, sur le plan national, si le bilan est bon ou pas.

De quoi le théâtre camerounais a-t-il besoin pour revivre ?

A mon humble avis, une collaboration avec les médias nous aiderait beaucoup. En effet, il faut que les gens sachent qu’il y a une pièce qui passe et surtout qu’elle mérite le déplacement. Donc le produit doit être bon. A côté de ça, il faut que les maisons d’édition nous aident. Actuellement, il y a beaucoup plus de dramaturges en herbe que de dramaturges confirmés. Il est vrai que nous avons, depuis quatre ans, le coup de main de l’Etat à travers la subvention spéciale, mais le théâtre a besoin de davantage de soutien. Nous espérons aussi que ceux qui ont rempli les conditions pour bénéficier de cette aide en feront bon usage pour que ce soit à l’avantage du théâtre camerounais en général.

En ce qui concerne le potentiel, le Cameroun dispose-t-il de moyens pour véritablement faire décoller son théâtre ?

Je dis toujours que nous sommes un grand pays. Nous avons un centre culturel qui ne se porte peut-être pas très bien, mais aussi un Palais des congrès. Si nous avons eu le courage d’avoir un tel joyau avec une scène comme celle nous connaissons, ce n’est pas uniquement pour faire des meetings, des congrès et organiser des spectacles et autres activités de danse. La scène c’est le théâtre. Quand il y a une scène, on pense d’abord au théâtre. Pourquoi ne pas organiser des choses au moins à la dimension du Palais des congrès. Nous devons donc être à mesure de monter des spectacles dignes de notre cadre. Pour ce qui est du talent, il existe de nombreux dramaturges en herbe. Mais ils doivent se faire connaître en publiant leurs œuvres, car on ne peut juger leur talent que par ce moyen.

Quel est l’apport des Retic dans ce processus de redynamisation ?

Les Retic sont un phénomène général. Ce sont des manifestations qui englobent à peu près tout. C’est d’abord le théâtre, mais on retrouve un peu de tout dans cet art. En réalité on peut faire de la danse et la musique dans le théâtre. Les Retic donnent donc l’occasion d’organiser les colloques qui permettent d’examiner le théâtre en profondeur. Les différentes représentations permettent aux uns et aux autres de voir ce qu’ils peuvent s’apporter mutuellement. C’est également l’occasion des réflexions et de l’élaboration. On voit comment il faut colmater les brèches, identifier les tares, faire un pas en avant. Le meilleur apport des Retic se situe au niveau des actes du colloque. Dans l’incapacité de publier ces actes, nous comptons beaucoup sur les Retic pour le faire.

  CULTURE Mardi 28 Novembre 2006
Retic : rideau sur le 15e acte
 Alain TCHAKOUNTE
 [28/11/2006]

L’édition 2006 des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’est achevée dimanche.

10jours de fête. Où on a joué des pièces de théâtre, discuté autour de cet art. On est même retourné sur les bancs — une vingtaine de metteurs en scène et comédiens —, pour un atelier de mise en scène. Les professionnels ont cogité dans un colloque, les directeurs de festivals de la sous-région ont réfléchi sur leur destin. La troupe des Retic s’est rendue à Mfou, Akono ou Soa et on a bougé les soirs au " village " du festival à l’espace Oyenga — quartier Fouda à Yaoundé. Avec en prime un tapis rouge déroulé au président d’honneur de l’événement, le dramaturge Guillaume Oyono Mbia.

On a bougé à la cérémonie de clôture, avec le spectacle de danse théâtre " Bouger Bouger ", monté par la chorégraphe Rebeca Hernando, assisté du Camerounais André Takoussa, et soutenu par l’ambassade d’Espagne au Cameroun. Déploiement corporel d’acteurs-danseurs qui, avec des séquences d’une rare poésie, des mimes, contorsions et formes langoureuses ont démontré que la danse et le théâtre sont plus que des sœurs jumelles. " C’est une pièce qui symbolise l’ouverture des Retic. Nous avons décidé dans cette édition d’aller vers le public qui est aussi venu vers nous ", souligne Ambroise Mbia, président de la manifestation.

Dix jours de Retic, c’était donc l’atelier de mise en scène, où le Centrafricain Vincent Mambachaka y est allé de son coup de gueule : " Le manque de repères est un gros problème dans la création africaine. Conséquence, les jeunes metteurs en scène vont vers ce qui existe. On peut tout de même espérer, avec des rencontres comme celles-ci. " Les stagiaires ont reçu, lors de la cérémonie de clôture, leurs parchemins.

Aux Retic 2006, une dizaine de pièces de théâtre représentées à l’espace d’Africréa, au CCF, etc. Dans leur programmation, on déplore quelques couacs, comme à l’occasion de la tenue de l’excellent " L’œil du cyclone " de la compagnie ivoirienne Imako Teatri. Les adaptations d’œuvres romanesques, " Le vieux nègre et la médaille ", ou " Allah n’est pas obligé " ont été diversement appréciées. Ou encore cet éternel problème de dispositif quand on joue dans des salles autres que celles du CCF. Ambroise Mbia : " Le théâtre est un art qui peut être joué en plein air. Nos opérateurs privés comme à Africréa doivent être soutenus ".

Une participation internationale remarquée, malgré des problèmes de logistique. Ils étaient venus du Gabon, Tchad, Congo, Côte d’Ivoire, Bénin, France et Cameroun. Pour Jonas Kona, habitué des Retic, cette édition a encore plu. "Même si on a senti quelques réticences du public, à certains moments, et un début timide, des pièces comme le plaidoyer, ont tiré leur épingle du jeu. " Rendez-vous du 18 au 24 novembre 2007 pour la 16e édition.

  CULTURE Mardi 28 Novembre 2006
Ambroise Mbia:" Un bilan globalement positif"
 Propos recueillis par AN
 [28/11/2006]

Ambroise Mbia, président des Retic.

" Toutes les activités programmées dans le cadre de cette 15è édition se sont tenues. Les dix spectacles annoncés ont été programmés à Yaoundé et dans la périphérie, donnant lieu à une trentaine de représentations. Le colloque sur le théâtre camerounais s’est tenu, avec une forte participation des hommes de théâtre camerounais, ceux qui en ont marqué l’histoire comme les jeunes artistes qui travaillent aujourd’hui. A ce sujet, je dois dire que j’ai été impressionné par l’organisation conduite par la princesse Rabiatou Njoya, ainsi que par l’engouement des hommes de théâtre. La formation sur la mise en scène a eu lieu et a connu un grand succès. La rencontre autour d’une œuvre avec Guillaume Oyono Mbia, notre président d’honneur, a également été appréciée (quatre établissements scolaires ont été visités).

" Par ailleurs, nos festivals sont aussi des marchés : nous faisons venir des acheteurs, qui sont des directeurs et administrateurs de festival. Ceci constitue, je pense, un plus. Les hommes de théâtre camerounais ont pu rencontrer leurs homologues étrangers, voir ce qui se passe ailleurs, dans le cadre d’un enrichissement mutuel. Le public a, à mon avis, bien réagi, étant présent aux différents spectacles. C’est l’un des aspects positifs du bilan. Nous tenons, en outre, à manifester notre gratitude au sommet de l’Etat, pour l’appui apporté à cette 15è édition des Retic. "

  DOSSIER DE LA RÉDACTION Mercredi 29 Novembre 2006
Trajectoire : une vie au théâtreAmbro
 Josiane R. MATIA
 [29/11/2006]

Initiateur des Retic, Ambroise Mbia nourrit une passion sans bornes depuis une trentaine d’années pour cet art.

"Comme toujours, c’est pour nous un grand moment : vivre ensemble, parler le même langage, regarder dans la même direction. Ce sont des retrouvailles entre gens passionnés par cet art ", affirme Ambroise Mbia. Le dramaturge camerounais exprime ainsi sa satisfaction de voir le festival qu’il a initié il y a une quinzaine d’années s’installer dans les habitudes. Les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) sont en effet l’un des rares festivals camerounais à se montrer fidèle au rendez-vous chaque année. D’ailleurs, les Retic en étaient cette année à leur 15e édition et ce succès s’explique, en grande partie, par l’attachement et le dévouement d’Ambroise Mbia à les faire. " C’est un passionné. Il est tombé amoureux du théâtre et il le vit au quotidien. Il est prêt à se battre partout où le besoin se fera sentir pour que le théâtre vive ", raconte José Charles Ewane, directeur artistique des Retic et collaborateur du metteur en scène.

Né le 27 juin 1943, le président du Centre camerounais de l’Institut international du théâtre-Unesco découvre par hasard la scène et s’inscrit à l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de Paris en 1966. De 1961 à 1968, il est pensionnaire à l’Odéon théâtre de France dans la compagnie Renaud-Barrault. Sous l’égide de l’Office français de coopération et d’accueil universitaire, il crée et dirige la compagnie " Le jeune théâtre africain " qui regroupe des comédiens africains, antillais et malgaches. Son expérience lui vaudra plus tard d’occuper de nombreuses fonctions comme celle de premier vice-président de la Fédération africaine des arts traditionnels à Abidjan ou encore celle de vice-président du Comité international de l’identité culturelle et du développement de l’IIT-Unesco à Caracas au Venezuela.

En tant qu’acteur, il tourne dans 15 long-métrages dont " L’Ile mystérieuse " avec Omar Sharif, " Profession reporter " aux côtés de Jack Nicholson ou " Le cercle des pouvoirs ". Au théâtre, il compte à son actif 57 pièces en tant que comédien et 48 comme metteur en scène. Son expérience lui vaudra plusieurs récompenses internationales. Il a été fait chevalier de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication au Burkina Faso cette année. Dans le cadre du 20è anniversaire du Festival de Carthage (Tunisie) en 2003, un hommage lui avait déjà été rendu. " Ce n’est que la récompense de son talent. Il est sollicité partout dans le monde pour son expertise ", clame José Charles Ewane. Si l’amélioration de l’offre des Retic constitue l’objectif d’Ambroise Mbia, celui-ci rêve toutefois de fidéliser un public pour le théâtre et de démontrer l’aspect éducatif de cet art. Un défi de plus à relever pour celui qui aime toujours à dire que "les difficultés ne doivent pas décourager, mais plutôt galvaniser ".


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Retic 2006

Les jeunes invités sur les planches

Guillaume Oyono Mbia tourne dans les lycées

Dans le cadre des réunions autour d’une œuvre initiée depuis quelque temps par les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic), le comité d’organisation a choisi pour la quinzième édition de mettre un point d’honneur sur l’œuvre “ Les trois prétendants… Un mari ” de Guillaume Oyono Mbia. Le dramaturge, qui a également été désigné président d’honneur des Retic cette année, a entrepris depuis le début du festival une tournée dans quatre lycées de la ville. Il y rencontre les enseignants et les élèves. L’objectif de cette activité est de susciter un plaidoyer pour une éducation théâtrale chez les élèves. Il s’agit spécifiquement de favoriser une meilleure connaissance des œuvres théâtrales inscrites au programme scolaire.
Au Lycée Général Leclerc où cette aventure commence le 20 novembre, Guillaume Oyono Mbia reçoit un accueil très chaleureux. La stratégie mise en place est simple et digne d’intérêt. Tout commence par une représentation de l’acte 1er de “ Trois prétendants un mari ”, par une troupe des professionnels du théâtre, dans une mise en scène de Alex David Longang. Après la première partie du spectacle, l’auteur intervient pour expliquer les axes, les contours, le découpage, l’intrigue et la structuration de sa pièce théâtrale. Une fois cette séance d’explications achevée, la troupe remonte sur les planches et déroule la dernière partie du spectacle. Une série des (questions auxquelles Guillaume Oyono Mbia apporte des éclairages) va suivre.
Pour assurer l’encadrement des apprenants, le comité d’organisation des Retic 2006 a identifié quatre grands pôles de rassemblement des élèves de l’enseignement général : le lycée général Leclerc, le lycée de Mballa II, le lycée d’Emana et le lycée bilingue d’Essos. Après l’entrée en matière au lycée général Leclerc, suivront tour à tour, mercredi, jeudi et vendredi : le lycée bilingue d’Essos, le lycée d’Emana et le lycée de Mballa II.
Pour la maison d’édition Clé, qui a engagé un partenariat avec les Retic et qui assure l’édition et la distribution du livre de Guillaume Oyono Mbia, la tournée de l’auteur rentre dans la mouvance initiée par les éditions Clé. Celle-ci a pour but de rapprocher les ouvrages du grand public. “ On a commencé cette expérience au mois de juillet avec l’adaptation scénique de “ le sein t’es pris ” de Séverin Cécile Abega. En signant un partenariat avec les Retic cette année, nous entendions confirmer cette option ” rassure Nadiber Daniel, le communicateur des éditions Clé.

Le Come back de Kouokam Nar6
On le connaissait déjà avec ses sketches habituels ; le plus en vue étant le “téléphone circulaire”. Lundi 20 novembre dernier, Nar6 Kouokam fait un retour sur la scène avec un spectacle inédit intitulé “ On va faire comment ? ”. La mise en scène de Jacobin Yarro tranche avec les prestations connues du comédien de cabaret qu’il a si souvent été. Le spectacle en lui-même est construit autour du questionnement de l’humoriste face à la pagaille et l’impasse du quotidien au Cameroun. Il s’agit d’une peinture crue et acerbe fustigeant les comportements, les mentalités, le tribalisme, la corruption, les détournements de la fortune publique et la politisation tous azimuts de la nation.
La mise en scène se distingue par une écriture simple, montée sur un décor dépouillé. Autant par le contenu, par la cadence que par le rythme et le jeu artistique du comédien, le spectacle séduit et offre une dynamique visibilité. La capacité d’endurance et d’assurance de Nar6 Kouokam tient de son écriture scénique et du choix de sa thématique ouverte vers des sociétés plus vivables. Il y ajoute la volonté de son metteur en scène, de donner à voir une intrigue qui débloque les spectateurs, efface le stress et la déprime brûlante, en laissant chacun s’emporter.
La programmation de “ On va faire comment ? ”, pendant la quinzième édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun, est le début d’une vaste tournée. Il sera joué, les 1ers, 2, 6 et 7 décembre prochain à l’auditorium du Ccf. L’originalité dans le nouveau théâtre de Nar6 Kouokam est l’introduction d’un nouveau personnage dans ses sketches : le professeur Thadeus. On note également l’humour noir de l’artiste, qui compare le Fmi à une espèce de faiseur de miracles.
 

Par Souley ONOHIOLO
Le 22-11-2006

Retic 2006


La quinzième édition des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) a tiré sa révérence dimanche 26 novembre. Au moment où les milles et un cliché se bousculent encore dans les têtes, le souvenir de la dizaine des spectacles en “ One man show ”, programmés au cours de cette édition est immense. Qu’il soit “ Le vieux nègre et la médaille ” de Ferdinand Léopold Oyono, mis en scène par la compagnie théâtre du Bénin ; ou “ Allah n’est pas obligé ” de Ahmadou Kourouma dans une mise en scène de la française Catherine Boskowitz ; ou encore le come-back de Kouokam Narc6 dans son spectacle intitulé “ On va faire comment ”.
Pour les festivaliers, les différentes prestations ont contribué à rehausser les Retic 2006. Elles auront même été la valeur ajoutée de l’événement. “ Quand vous prenez quelqu’un comme Kouokam Nor6, sa prestation ne peut être qu’un One man show. Par le passé on a programmé Essindji Mindja. Qu’il soit pour l’un ou pour l’autre, il est difficile que ce soit un théâtre dialogué ”, tranche Ambroise Mbia, le président des Retic. Pour lui, la représentation de “ Le vieux nègre et la médaille ”, œuvre mondialement connue de tous, paraît lourde dans sa mise en scène, vue la pléiade d’acteurs qui interviennent.
Au soir du festival, les activités programmées et annoncées ont été réalisées. Le colloque sur le thème “ Bilan et perspectives du théâtre camerounais ” a servi de cadre au rassemblement de toutes les personnalités. Le colloque a aussi été un espace de rencontres et un lieu d’échanges. Il a enfin constitué le carrefour des convergences entre les jeunes qui se battent sur le terrain pour la survie, et la vieille garde qui veut passer le témoin.
 

Le Messager
Le 01-12-2006

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CULTURE | 27 Nov 2006
Théâtre : Les Retic tirent le rideau
Ce festival international s’est achevé hier dimanche à Yaoundé.
Justin Blaise Akono

La 15è édition des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) s’est achevée hier. Pendant dix jours, les Retic ont offert des spectacles à travers plusieurs sites et organisé des ateliers pour les professionnels du théâtre. Les spectacles ont commencé par une fausse note. Les Ivoiriens de l’œil du Cyclone, programmés pour ouvrir le bal, accusent un retard, pour des raisons " techniques ". Néanmoins, rassure le président des Retic, " tous les dix spectacles prévus ont eu lieu à Yaoundé et dans la périphérie à travers une trentaine de représentations ".

" Le vieux nègre et la médaille ", mis en scène par Hermas Gbaguidi pour la troupe Oshumaré du Bénin, a marqué les esprits. Le Docteur Etoundi Mballa du service des urgences de l’hôpital central de Yaoundé par exemple, a déclaré qu’il est très ému de voir jouer cette pièce qu’il a lue tout jeune. " Je suis par ailleurs frappé par l’ambiance conviviale qui règne au sein du public et des acteurs. J’ai l’impression que le public de Yaoundé n’est pas informé de la qualité du spectacle", a confié celui qui venait pour la deuxième fois aux Retic.

Cependant, certaines représentations ont essuyé de sévères critiques. Jacobin Yaro, metteur en scène et comédien camerounais, s’est dit quelque peu déçu par plusieurs spectacles. Notamment "Attachez vos cadavres" du Tchadien Vangdar Dorsouma. "C’est une pièce qui, au niveau de l’écriture, ne propose pas d’action dramatique pour une bonne création scénique. On a l’impression que ça bloque au niveau de l’interprétation", a-t-il souligné, avant d’ajouter que, "quand un auteur doit écrire un texte et le mettre en scène, il n’a pas toujours le recul nécessaire pour faire la différence". Les différents spectacles, comme depuis quelques années, n’ont pas fait salle pleine. A l’instar du Centre culturel français de Yaoundé, qui a accueilli tous les spectacles en soirée.

Réflexion
Bien avant l’ouverture officielle des Retic, les vedettes des planches ont entamé une réflexion sur " le théâtre camerounais : bilan et perspectives " au centre d’art contemporain Africréa, l’un des sites des Retic. Il ressort de ce colloque que " les professionnels devraient harmoniser les festivals pour qu'il n'y ait pas de chevauchements ", selon la dramaturge Princesse Rabiatou Njoya, sa coordinatrice. Parmi les résolutions adoptées, " les comédiens souhaitent que l’Etat donne un statut à l’artiste ", a confié Hubert Mono Ndjana, rapporteur des travaux. L’insuffisance en matière des infrastructures était aussi au centre de leurs préoccupations.

" Le colloque sur le " théâtre camerounais : bilan et perspectives " nous a donné l’occasion de rassembler toutes les personnalités qui ont marqué l’histoire du théâtre camerounais et le jeunes qui continuent à se battre pour sa survie. Les jeunes et les doyens ont pu réfléchir sur l’avenir de ce théâtre ", a confié le président des Retic. Dans le cadre de la formation, le stage a été dirigé par le metteur en scène centrafricain Vincent Mambachaka. La rencontre des directeurs des festivals de théâtre d’Afrique centrale et administrateurs a permis de créer une association, qui sera dirigée par le Tchadien Vangdar Dorsouma. Son objectif étant d’harmoniser la programmation des théâtres pour une meilleure circulation dans la sous région.

Les Retic ont timidement commencé le 17 novembre dernier. Leur président, Ambroise Mbia, a souligné qu’il avait des difficultés à réunir la moitié du budget. " La coopération française, comme à chaque édition, a assuré le transport des artistes ". Lesquels artistes (étrangers principalement) ont su cacher leurs difficultés, eux qui prenaient leur déjeuner en communauté pendant tout le festival. Comme les élèves lors des jeux scolaires. Ce, sous le regard attentif des " doyens " du théâtre camerounais qu’Ambroise Mbia a invités. Notamment Guillaume Oyono Mbia, l’auteur de " Trois prétendants…un mari " et président d’honneur des Retic, tout comme de comédiens tels que Patrice Ndedi Penda, Joseph Kono Ateba, Charles Nyatte, Victor Elame Musinga et bien d’autres encore.

   
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