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| Alliance
NYOBIA |
| [29/11/2006] |
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A la faveur de deux
festivals de théâtre qui viennent de se boucler
à Yaoundé, le Fatej et les Retic, un constat au
moins a pu être fait : le public local n’a rien
contre ce genre de spectacle. Autrement dit, s’il y a de
bonnes productions, les gens iront très probablement dans
les salles. Mais il se pose un double problème :
où sont les pièces et où peuvent-elles
être jouées ? Ce ne sont que des exemples parmi
tant d’autres. Le théâtre camerounais,
dont beaucoup d’anciens s’accordent à
dire qu’il a brillé pas mal à une
époque, est en proie à de réelles
difficultés aujourd’hui. Des professionnels du
domaine en conviennent, d’ailleurs. La
créativité semble fort discrète. Des
troupes entrent de temps en temps en résidence et essayent
de travailler, certes. Sur une année par exemple, personne
ne dira que le public est assailli de sollicitations, qu’il
croule sous les offres de spectacles. Juste une illustration : combien
de supports — cassettes audio notamment — circulent
proposant des prestations de comédiens ?
Elle n’est pourtant pas si lointaine, la période
où Oncle Otsama et Jean-Miché Kankan
enchaînaient albums et sorties sur scène. Avec le
bonheur que chacun sait. Pour certains observateurs, il n’y a
pas de miracle : la relance de notre théâtre
passe, pour une bonne part, par la formation. " Nous ne rendons pas
service aux jeunes qui veulent se lancer dans ce métier
aujourd’hui, parce qu’ils l’apprennent
mal ", déplore un auteur dramatique camerounais. " Il faut
un minimum de formation ", confirme Guillaume Oyono Mbia. Ceci
permettrait par exemple d’effacer du tableau quelques
clichés… dramatiques. Des ersatz de Kankan qui
encombrent la scène et, en fait, donnent plus dans la
bouffonnerie que dans la comédie.
Evidemment, la formation souhaitée ne se dispenserait pas
sous
le premier arbre venu, ou autour d’une bière.
Quelques-uns
rêvent d’écoles ou d’instituts
spécialisés, entièrement
voués à
cette cause. En fait, d’un bon cadre. Ce souci semble
également partagé par les pouvoirs publics. De
sources
proches du ministère de la Culture, la
réhabilitation
amorcée du Centre culturel camerounais participe
d’une
logique générale de relance de notre art
dramatique.
Notons que dans la foulée, le Théâtre
national
lui-même devrait bénéficier
d’une cure de
jouvence. Recevoir du sang neuf pour redevenir une " vitrine de la
culture camerounaise ", pour reprendre des termes d’un
responsable du Mincult. Assurément, un mouvement
impulsé
par les pouvoirs publics aurait un impact décisif dans la
reconquête des lettres de noblesse du
théâtre
camerounais. A propos de la troupe nationale, " il est prévu
des
tournées régulières à
travers le pays et
à l’étranger ", affirme une source
autorisée.
Mais le retour en scène du beau et bon
théâtre ne sera effectif que quand les faits
auront succédé aux paroles. Ce qui ne se fera
qu’à certaines conditions. Le
Théâtre national ne peut pas donner de
représentations un peu partout dans le pays s’il
n’y a pas d’espaces aménagés
pour cela. Les centres culturels étrangers ne peuvent
indéfiniment abriter le gros des spectacles
proposés sous nos cieux.
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| Revamping
Cameroon’s Theatre Image |
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| Brenda YUFEH |
| [29/11/2006] |
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The National
Theatre Troop can also contribute to Cameroon’s theatre image
if those involved receive formal theoretical training.
Over the years in Cameroon, the National Theatre Troop has been a
source of attraction and entertainment to many individuals as it was
fun watching the actors and actresses on stage. Stating that the group
at times independently or with support from international organisations
organises plays, critics say their existence and contribution to
Cameroon’s theatre image can only have a positive push not
only with government’s support to the group but with group
members undergoing a theoretical study of what drama is all about.
The President of the Board of Directors of the Copyright Corporation of
Literature and Dramatic Arts, Prof. Hubert Mono Ndjana, says over the
years, the National Theatre Troop was not taken seriously but the group
has participated in international competitions winning trophies for
Cameroon as well as projecting the theatre image of the country. Prof
Mono Ndjana says "the National Theatre Troop had existed like orphans
but brave enough to represent Cameroon in international competitions".
It is said that members of the troop have the will and skills to
project Cameroon’s theatre image but lack the formal lessons
that could add impetus to what they do. Nevertheless, Prof Mono Ndjana
says for the National Theatre Troop to contribute in revamping
Cameroon’s theatre image, the government needs to buy
equipment and create an appropriate technical hall or environment for
displays.
Observers say the Cameroon Cultural Centre has a ridiculous image of an
office abandoned. After visiting the locality somebody interested in
theatre art can abandon the profession. Mono Ndjana says
Cameroon’s theatre image reflects poverty, with artists
appearing on stage in old and unattractive attires. Also, stage decor
is rated as zero. The President of the Board of Directors of the
Copyright Corporation of Literature and Dramatic Arts says what the
audience see on stage is not a reflection of Cameroon culture but a
mark of poverty. Hence colour, style and equipment should be added in
refurbishing the theatre image of Cameroon which will attract
individuals to visit show rooms when there is a theatrical performance.
Critics stress that while there is a greater ambition for the entire
country, the culture sector should also have a greater ambition which
will restore Cameroon’s theatre image.
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| Princesse
Rabiatou Njoya : "Le bilan du théâtre camerounais
est difficile à dresser" |
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| Propos recueillis par Jocelyne
NDOUYOU-MOULIOM |
| [29/11/2006] |
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Princesse
Rabiatou Njoya, dramaturge.
Comment se porte le théâtre camerounais ?
Le théâtre camerounais se porte comme il peut.
S’il se portait mal on n’en parlerait pas et
s’il se portait très bien, on
n’organiserait pas de colloques, qui sont en quelque sorte
les états généraux du
théâtre camerounais. En effet, le
deuxième colloque du genre, qui s’est tenu les 17
et 18 novembre derniers, a permis de faire un bilan et
dégager les perspectives. Tant que les opérateurs
de ce domaine ne se sont pas assis pour diagnostiquer le
phénomène théâtre
camerounais, ce sera difficile de dire, sur le plan national, si le
bilan est bon ou pas.
De quoi le théâtre camerounais a-t-il besoin pour
revivre ?
A mon humble avis, une collaboration avec les médias nous
aiderait beaucoup. En effet, il faut que les gens sachent
qu’il y a une pièce qui passe et surtout
qu’elle mérite le déplacement. Donc le
produit doit être bon. A côté de
ça, il faut que les maisons d’édition
nous aident. Actuellement, il y a beaucoup plus de dramaturges en herbe
que de dramaturges confirmés. Il est vrai que nous avons,
depuis quatre ans, le coup de main de l’Etat à
travers la subvention spéciale, mais le
théâtre a besoin de davantage de soutien. Nous
espérons aussi que ceux qui ont rempli les conditions pour
bénéficier de cette aide en feront bon usage pour
que ce soit à l’avantage du
théâtre camerounais en
général.
En ce qui concerne le potentiel, le Cameroun dispose-t-il de moyens
pour véritablement faire décoller son
théâtre ?
Je dis toujours que nous sommes un grand pays. Nous avons un centre
culturel qui ne se porte peut-être pas très bien,
mais aussi un Palais des congrès. Si nous avons eu le
courage d’avoir un tel joyau avec une scène comme
celle nous connaissons, ce n’est pas uniquement pour faire
des meetings, des congrès et organiser des spectacles et
autres activités de danse. La scène
c’est le théâtre. Quand il y a une
scène, on pense d’abord au
théâtre. Pourquoi ne pas organiser des choses au
moins à la dimension du Palais des congrès. Nous
devons donc être à mesure de monter des spectacles
dignes de notre cadre. Pour ce qui est du talent, il existe de nombreux
dramaturges en herbe. Mais ils doivent se faire connaître en
publiant leurs œuvres, car on ne peut juger leur talent que
par ce moyen.
Quel est l’apport des Retic dans ce processus de
redynamisation ?
Les Retic sont un phénomène
général. Ce sont des manifestations qui englobent
à peu près tout. C’est
d’abord le théâtre, mais on retrouve un
peu de tout dans cet art. En réalité on peut
faire de la danse et la musique dans le théâtre.
Les Retic donnent donc l’occasion d’organiser les
colloques qui permettent d’examiner le
théâtre en profondeur. Les différentes
représentations permettent aux uns et aux autres de voir ce
qu’ils peuvent s’apporter mutuellement.
C’est également l’occasion des
réflexions et de l’élaboration. On voit
comment il faut colmater les brèches, identifier les tares,
faire un pas en avant. Le meilleur apport des Retic se situe au niveau
des actes du colloque. Dans l’incapacité de
publier ces actes, nous comptons beaucoup sur les Retic pour le faire.
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| Retic
: rideau sur le 15e acte |
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| Alain TCHAKOUNTE |
| [28/11/2006] |
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L’édition
2006 des Rencontres théâtrales internationales du
Cameroun s’est achevée dimanche.
10jours de fête. Où on a joué des
pièces de théâtre, discuté
autour de cet art. On est même retourné sur les
bancs — une vingtaine de metteurs en scène et
comédiens —, pour un atelier de mise en
scène. Les professionnels ont cogité dans un
colloque, les directeurs de festivals de la sous-région ont
réfléchi sur leur destin. La troupe des Retic
s’est rendue à Mfou, Akono ou Soa et on a
bougé les soirs au " village " du festival à
l’espace Oyenga — quartier Fouda à
Yaoundé. Avec en prime un tapis rouge
déroulé au président
d’honneur de l’événement, le
dramaturge Guillaume Oyono Mbia.
On a bougé à la cérémonie
de clôture, avec le spectacle de danse
théâtre " Bouger Bouger ", monté par la
chorégraphe Rebeca Hernando, assisté du
Camerounais André Takoussa, et soutenu par
l’ambassade d’Espagne au Cameroun.
Déploiement corporel d’acteurs-danseurs qui, avec
des séquences d’une rare poésie, des
mimes, contorsions et formes langoureuses ont
démontré que la danse et le
théâtre sont plus que des sœurs
jumelles. " C’est une pièce qui symbolise
l’ouverture des Retic. Nous avons
décidé dans cette édition
d’aller vers le public qui est aussi venu vers nous ",
souligne Ambroise Mbia, président de la manifestation.
Dix jours de Retic, c’était donc
l’atelier de mise en scène, où le
Centrafricain Vincent Mambachaka y est allé de son coup de
gueule : " Le manque de repères est un gros
problème dans la création africaine.
Conséquence, les jeunes metteurs en scène vont
vers ce qui existe. On peut tout de même espérer,
avec des rencontres comme celles-ci. " Les stagiaires ont
reçu, lors de la cérémonie de
clôture, leurs parchemins.
Aux Retic 2006, une dizaine de pièces de
théâtre
représentées à l’espace
d’Africréa, au CCF, etc. Dans leur programmation,
on
déplore quelques couacs, comme à
l’occasion de la
tenue de l’excellent " L’œil du cyclone "
de la
compagnie ivoirienne Imako Teatri. Les adaptations
d’œuvres
romanesques, " Le vieux nègre et la médaille ",
ou "
Allah n’est pas obligé " ont
été diversement
appréciées. Ou encore cet éternel
problème
de dispositif quand on joue dans des salles autres que celles du CCF.
Ambroise Mbia : " Le théâtre est un art qui peut
être joué en plein air. Nos opérateurs
privés comme à Africréa doivent
être
soutenus ".
Une participation internationale remarquée,
malgré des problèmes de logistique. Ils
étaient venus du Gabon, Tchad, Congo, Côte
d’Ivoire, Bénin, France et Cameroun. Pour Jonas
Kona, habitué des Retic, cette édition a encore
plu. "Même si on a senti quelques réticences du
public, à certains moments, et un début timide,
des pièces comme le plaidoyer, ont tiré leur
épingle du jeu. " Rendez-vous du 18 au 24 novembre 2007 pour
la 16e édition.
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| Ambroise Mbia:"
Un bilan globalement positif" |
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| Propos recueillis par AN |
| [28/11/2006] |
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Ambroise Mbia,
président des Retic.
" Toutes les activités programmées dans le cadre
de cette
15è édition se sont tenues. Les dix spectacles
annoncés ont été programmés
à
Yaoundé et dans la périphérie, donnant
lieu
à une trentaine de représentations. Le colloque
sur le
théâtre camerounais s’est tenu, avec une
forte
participation des hommes de théâtre camerounais,
ceux qui
en ont marqué l’histoire comme les jeunes artistes
qui
travaillent aujourd’hui. A ce sujet, je dois dire que
j’ai
été impressionné par
l’organisation conduite
par la princesse Rabiatou Njoya, ainsi que par l’engouement
des
hommes de théâtre. La formation sur la mise en
scène a eu lieu et a connu un grand succès. La
rencontre
autour d’une œuvre avec Guillaume Oyono Mbia, notre
président d’honneur, a également
été
appréciée (quatre établissements
scolaires ont
été visités).
" Par ailleurs, nos festivals sont aussi des marchés : nous
faisons venir des acheteurs, qui sont des directeurs et administrateurs
de festival. Ceci constitue, je pense, un plus. Les hommes de
théâtre camerounais ont pu rencontrer leurs
homologues étrangers, voir ce qui se passe ailleurs, dans le
cadre d’un enrichissement mutuel. Le public a, à
mon avis, bien réagi, étant présent
aux différents spectacles. C’est l’un
des aspects positifs du bilan. Nous tenons, en outre, à
manifester notre gratitude au sommet de l’Etat, pour
l’appui apporté à cette 15è
édition des Retic. "
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Trajectoire
: une vie au théâtre |
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| Josiane R. MATIA |
| [29/11/2006] |
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Initiateur
des Retic, Ambroise Mbia nourrit une passion sans bornes depuis une
trentaine d’années pour cet art.
"Comme toujours, c’est pour nous un grand moment : vivre
ensemble, parler le même langage, regarder dans la
même direction. Ce sont des retrouvailles entre gens
passionnés par cet art ", affirme Ambroise Mbia. Le
dramaturge camerounais exprime ainsi sa satisfaction de voir le
festival qu’il a initié il y a une quinzaine
d’années s’installer dans les habitudes.
Les Rencontres théâtrales internationales du
Cameroun (Retic) sont en effet l’un des rares festivals
camerounais à se montrer fidèle au rendez-vous
chaque année. D’ailleurs, les Retic en
étaient cette année à leur 15e
édition et ce succès s’explique, en
grande partie, par l’attachement et le dévouement
d’Ambroise Mbia à les faire. " C’est un
passionné. Il est tombé amoureux du
théâtre et il le vit au quotidien. Il est
prêt à se battre partout où le besoin
se fera sentir pour que le théâtre vive ", raconte
José Charles Ewane, directeur artistique des Retic et
collaborateur du metteur en scène.
Né le 27 juin 1943, le président du Centre
camerounais de l’Institut international du
théâtre-Unesco découvre par hasard la
scène et s’inscrit à l’Ecole
nationale supérieure des arts et techniques du
théâtre de Paris en 1966. De 1961 à
1968, il est pensionnaire à l’Odéon
théâtre de France dans la compagnie
Renaud-Barrault. Sous l’égide de
l’Office français de coopération et
d’accueil universitaire, il crée et dirige la
compagnie " Le jeune théâtre africain " qui
regroupe des comédiens africains, antillais et malgaches.
Son expérience lui vaudra plus tard d’occuper de
nombreuses fonctions comme celle de premier vice-président
de la Fédération africaine des arts traditionnels
à Abidjan ou encore celle de vice-président du
Comité international de l’identité
culturelle et du développement de l’IIT-Unesco
à Caracas au Venezuela.
En tant qu’acteur, il tourne dans 15 long-métrages
dont " L’Ile mystérieuse " avec Omar Sharif, "
Profession reporter " aux côtés de Jack Nicholson
ou " Le cercle des pouvoirs ". Au théâtre, il
compte à son actif 57 pièces en tant que
comédien et 48 comme metteur en scène. Son
expérience lui vaudra plusieurs récompenses
internationales. Il a été fait chevalier de
l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la
communication au Burkina Faso cette année. Dans le cadre du
20è anniversaire du Festival de Carthage (Tunisie) en 2003,
un hommage lui avait déjà
été rendu. " Ce n’est que la
récompense de son talent. Il est sollicité
partout dans le monde pour son expertise ", clame José
Charles Ewane. Si l’amélioration de
l’offre des Retic constitue l’objectif
d’Ambroise Mbia, celui-ci rêve toutefois de
fidéliser un public pour le théâtre et
de démontrer l’aspect éducatif de cet
art. Un défi de plus à relever pour celui qui
aime toujours à dire que "les difficultés ne
doivent pas décourager, mais plutôt galvaniser ".
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Retic 2006
Les
jeunes invités sur les planches
Guillaume Oyono Mbia
tourne dans les lycées
Dans le cadre des réunions autour d’une
œuvre initiée depuis quelque temps par les
Rencontres théâtrales internationales du Cameroun
(Retic), le comité d’organisation a choisi pour la
quinzième édition de mettre un point
d’honneur sur l’œuvre “ Les
trois prétendants… Un mari ” de
Guillaume Oyono Mbia. Le dramaturge, qui a également
été désigné
président d’honneur des Retic cette
année, a entrepris depuis le début du festival
une tournée dans quatre lycées de la ville. Il y
rencontre les enseignants et les élèves.
L’objectif de cette activité est de susciter un
plaidoyer pour une éducation théâtrale
chez les élèves. Il s’agit
spécifiquement de favoriser une meilleure connaissance des
œuvres théâtrales inscrites au programme
scolaire.
Au Lycée Général Leclerc où
cette aventure commence le 20 novembre, Guillaume Oyono Mbia
reçoit un accueil très chaleureux. La
stratégie mise en place est simple et digne
d’intérêt. Tout commence par une
représentation de l’acte 1er de “ Trois
prétendants un mari ”, par une troupe des
professionnels du théâtre, dans une mise en
scène de Alex David Longang. Après la
première partie du spectacle, l’auteur intervient
pour expliquer les axes, les contours, le découpage,
l’intrigue et la structuration de sa pièce
théâtrale. Une fois cette séance
d’explications achevée, la troupe remonte sur les
planches et déroule la dernière partie du
spectacle. Une série des (questions auxquelles Guillaume
Oyono Mbia apporte des éclairages) va suivre.
Pour assurer l’encadrement des apprenants, le
comité
d’organisation des Retic 2006 a identifié quatre
grands
pôles de rassemblement des élèves de
l’enseignement général : le
lycée
général Leclerc, le lycée de Mballa
II, le
lycée d’Emana et le lycée bilingue
d’Essos.
Après l’entrée en matière au
lycée
général Leclerc, suivront tour à tour,
mercredi,
jeudi et vendredi : le lycée bilingue d’Essos, le
lycée d’Emana et le lycée de Mballa II.
Pour la maison d’édition Clé, qui a
engagé un partenariat avec les Retic et qui assure
l’édition et la distribution du livre de Guillaume
Oyono Mbia, la tournée de l’auteur rentre dans la
mouvance initiée par les éditions Clé.
Celle-ci a pour but de rapprocher les ouvrages du grand public.
“ On a commencé cette expérience au
mois de juillet avec l’adaptation scénique de
“ le sein t’es pris ” de
Séverin Cécile Abega. En signant un partenariat
avec les Retic cette année, nous entendions confirmer cette
option ” rassure Nadiber Daniel, le communicateur des
éditions Clé.
Le Come back de Kouokam Nar6
On le connaissait déjà avec ses sketches
habituels ; le plus en vue étant le
“téléphone circulaire”. Lundi
20 novembre dernier, Nar6 Kouokam fait un retour sur la
scène avec un spectacle inédit
intitulé “ On va faire comment ? ”. La
mise en scène de Jacobin Yarro tranche avec les prestations
connues du comédien de cabaret qu’il a si souvent
été. Le spectacle en lui-même est
construit autour du questionnement de l’humoriste face
à la pagaille et l’impasse du quotidien au
Cameroun. Il s’agit d’une peinture crue et acerbe
fustigeant les comportements, les mentalités, le tribalisme,
la corruption, les détournements de la fortune publique et
la politisation tous azimuts de la nation.
La mise en scène se distingue par une écriture
simple, montée sur un décor
dépouillé. Autant par le contenu, par la cadence
que par le rythme et le jeu artistique du comédien, le
spectacle séduit et offre une dynamique
visibilité. La capacité d’endurance et
d’assurance de Nar6 Kouokam tient de son écriture
scénique et du choix de sa thématique ouverte
vers des sociétés plus vivables. Il y ajoute la
volonté de son metteur en scène, de donner
à voir une intrigue qui débloque les spectateurs,
efface le stress et la déprime brûlante, en
laissant chacun s’emporter.
La programmation de “ On va faire comment ? ”,
pendant la quinzième édition des Rencontres
théâtrales internationales du Cameroun, est le
début d’une vaste tournée. Il sera
joué, les 1ers, 2, 6 et 7 décembre prochain
à l’auditorium du Ccf.
L’originalité dans le nouveau
théâtre de Nar6 Kouokam est
l’introduction d’un nouveau personnage dans ses
sketches : le professeur Thadeus. On note également
l’humour noir de l’artiste, qui compare le Fmi
à une espèce de faiseur de miracles.
Par
Souley ONOHIOLO
Le 22-11-2006
Retic 2006
La quinzième édition des rencontres
théâtrales internationales du Cameroun (Retic) a
tiré sa révérence dimanche 26
novembre. Au moment où les milles et un cliché se
bousculent encore dans les têtes, le souvenir de la dizaine
des spectacles en “ One man show ”,
programmés au cours de cette édition est immense.
Qu’il soit “ Le vieux nègre et la
médaille ” de Ferdinand Léopold Oyono,
mis en scène par la compagnie théâtre
du Bénin ; ou “ Allah n’est pas
obligé ” de Ahmadou Kourouma dans une mise en
scène de la française Catherine Boskowitz ; ou
encore le come-back de Kouokam Narc6 dans son spectacle
intitulé “ On va faire comment ”.
Pour les festivaliers, les différentes prestations ont
contribué à rehausser les Retic 2006. Elles
auront même été la valeur
ajoutée de l’événement.
“ Quand vous prenez quelqu’un comme Kouokam Nor6,
sa prestation ne peut être qu’un One man show. Par
le passé on a programmé Essindji Mindja.
Qu’il soit pour l’un ou pour l’autre, il
est difficile que ce soit un théâtre
dialogué ”, tranche Ambroise Mbia, le
président des Retic. Pour lui, la représentation
de “ Le vieux nègre et la médaille
”, œuvre mondialement connue de tous,
paraît lourde dans sa mise en scène, vue la
pléiade d’acteurs qui interviennent.
Au soir du festival, les activités programmées et
annoncées ont été
réalisées. Le
colloque sur le thème “ Bilan et perspectives du
théâtre camerounais ” a servi de cadre
au
rassemblement de toutes les personnalités. Le colloque a
aussi
été un espace de rencontres et un lieu
d’échanges. Il a enfin constitué le
carrefour des
convergences entre les jeunes qui se battent sur le terrain pour la
survie, et la vieille garde qui veut passer le témoin.
Le
Messager
Le 01-12-2006

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» Quotidienmutations
CULTURE | 27 Nov 2006
Théâtre
: Les Retic tirent le rideau
Ce festival international
s’est achevé hier dimanche à
Yaoundé.
Justin Blaise
Akono
La 15è édition des rencontres
théâtrales internationales du Cameroun (Retic)
s’est achevée hier. Pendant dix jours, les Retic
ont offert des spectacles à travers plusieurs sites et
organisé des ateliers pour les professionnels du
théâtre. Les spectacles ont commencé
par une fausse note. Les Ivoiriens de l’œil du
Cyclone, programmés pour ouvrir le bal, accusent un retard,
pour des raisons " techniques ". Néanmoins, rassure le
président des Retic, " tous les dix spectacles
prévus ont eu lieu à Yaoundé et dans
la périphérie à travers une trentaine
de représentations ".
" Le vieux nègre et la médaille ", mis en
scène par Hermas Gbaguidi pour la troupe Oshumaré
du Bénin, a marqué les esprits. Le Docteur
Etoundi Mballa du service des urgences de l’hôpital
central de Yaoundé par exemple, a
déclaré qu’il est très
ému de voir jouer cette pièce qu’il a
lue tout jeune. " Je suis par ailleurs frappé par
l’ambiance conviviale qui règne au sein du public
et des acteurs. J’ai l’impression que le public de
Yaoundé n’est pas informé de la
qualité du spectacle", a confié celui qui venait
pour la deuxième fois aux Retic.
Cependant, certaines représentations ont essuyé
de sévères critiques. Jacobin Yaro, metteur en
scène et comédien camerounais, s’est
dit quelque peu déçu par plusieurs spectacles.
Notamment "Attachez vos cadavres" du Tchadien Vangdar Dorsouma.
"C’est une pièce qui, au niveau de
l’écriture, ne propose pas d’action
dramatique pour une bonne création scénique. On a
l’impression que ça bloque au niveau de
l’interprétation", a-t-il souligné,
avant d’ajouter que, "quand un auteur doit écrire
un texte et le mettre en scène, il n’a pas
toujours le recul nécessaire pour faire la
différence". Les différents spectacles, comme
depuis quelques années, n’ont pas fait salle
pleine. A l’instar du Centre culturel français de
Yaoundé, qui a accueilli tous les spectacles en
soirée.
Réflexion
Bien avant l’ouverture officielle des Retic, les vedettes des
planches ont entamé une réflexion sur " le
théâtre camerounais : bilan et perspectives " au
centre d’art contemporain Africréa, l’un
des sites des Retic. Il ressort de ce colloque que " les professionnels
devraient harmoniser les festivals pour qu'il n'y ait pas de
chevauchements ", selon la dramaturge Princesse Rabiatou Njoya, sa
coordinatrice. Parmi les résolutions adoptées, "
les comédiens souhaitent que l’Etat donne un
statut à l’artiste ", a confié Hubert
Mono Ndjana, rapporteur des travaux. L’insuffisance en
matière des infrastructures était aussi au centre
de leurs préoccupations.
" Le colloque sur le " théâtre camerounais : bilan
et perspectives " nous a donné l’occasion de
rassembler toutes les personnalités qui ont
marqué l’histoire du théâtre
camerounais et le jeunes qui continuent à se battre pour sa
survie. Les jeunes et les doyens ont pu réfléchir
sur l’avenir de ce théâtre ", a
confié le président des Retic. Dans le cadre de
la formation, le stage a été dirigé
par le metteur en scène centrafricain Vincent Mambachaka. La
rencontre des directeurs des festivals de théâtre
d’Afrique centrale et administrateurs a permis de
créer une association, qui sera dirigée par le
Tchadien Vangdar Dorsouma. Son objectif étant
d’harmoniser la programmation des
théâtres pour une meilleure circulation dans la
sous région.
Les Retic ont timidement commencé le 17 novembre dernier.
Leur président, Ambroise Mbia, a souligné
qu’il avait des difficultés à
réunir la moitié du budget. " La
coopération française, comme à chaque
édition, a assuré le transport des artistes ".
Lesquels artistes (étrangers principalement) ont su cacher
leurs difficultés, eux qui prenaient leur
déjeuner en communauté pendant tout le festival.
Comme les élèves lors des jeux scolaires. Ce,
sous le regard attentif des " doyens " du théâtre
camerounais qu’Ambroise Mbia a invités. Notamment
Guillaume Oyono Mbia, l’auteur de " Trois
prétendants…un mari " et président
d’honneur des Retic, tout comme de comédiens tels
que Patrice Ndedi Penda, Joseph Kono Ateba, Charles Nyatte, Victor
Elame Musinga et bien d’autres encore.
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