Les RETIC 2003 dans la presse


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Théâtre : la scène s'ouvre sur les RETIC
 Lundi 17 Novembre 2003
 Serges Olivier OKOLE
 


Levée de rideau sur la douzième édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun demain.

Pendant plus d’une semaine, du 14 au 24 novembre prochain, le public de Yaoundé et de ses environs aura l’occasion de découvrir les spectacles les plus courus d’Afrique et du monde, sous le signe de la rencontre des cultures et des âges. D’abord, au niveau des spectacles proposés. Pas moins de dix pièces issues, pour certaines, des meilleures salles de spectacle de France, du Canada, de Belgique, du Congo, du Tchad, du Gabon et du Cameroun. Un rendez-vous de cultures et d’expériences, que le promoteur, Ambroise Mbia, veut un point de convergence du langage universel du théâtre et de la scène.

Rencontre des destinées aussi, puisque certaines pièces viennent aux rencontres de Yaoundé, auréolées de trophées et de titres glanés dans d’autres festivals. C’est le cas du " Don du propriétaire ", offert en ouverture du festival, demain, à 18 h au Centre culturel français. Cette oeuvre de la Compagnie Ngoti, un ensemble camerounais, vient de remporter en Tunisie, le Tanit de bronze aux journées théâtrales de Carthage. D’autres pièces, comme " Le collier d’Hélène " ou " The island " présentent la particularité de rassembler des expériences de plusieurs horizons. C’est cette symbiose des talents et des techniques qui, pour les organisateurs, fait l’originalité et l’intérêt des rencontres du 14 au 24 prochain.

Comment penser autrement, lorsqu’on a sur le même plateau un conteur Gabonais qui vous plonge dans les profondeurs de la forêt Bantu et une pièce écrite par un Canadien, mise en scène par un Belge et jouée par des acteurs Belges et Congolais ? Le brassage des cultures et des âges, autour d’une scène et d’un langage commun, celui du théâtre. Pour ce qui est des troupes camerounaises, en dehors de la Compagnie Ngoti, le Théâtre national propose " Papa bon Dieu ", une pièce que les amoureux des arts du spectacle apprécieront certainement à sa juste valeur. A côté de ces troupes confirmées, on notera la présence des troupes jeunes des facultés des arts des universités de Yaoundé et de Douala.

Cet autre pôle de rencontre entre la jeunesse et ce qu’on peut appeler la vieille garde, qui fait penser, avec l’organisation des Retic 2003, que le théâtre, comme la musique ou tout autre art de scène peut être porteur. C’est en tout cas ce qui motive Mbilé Yaya Bitang, une jeune actrice camerounaise et étudiante à l’université de Yaoundé I, dont le jeu et le talent ont déjà traversé les frontières nationales. L’édition 2003 des Retic est patronnée par le ministère de la Culture, avec l’aide de certains festivals et personnalités africains et mondiaux parmi lesquels le Masa et son directeur, Thomas Manou Yablaih, Valérie Goma, Brigitte Baillieux et bien d’autres.


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Le Quotidien Mutations du
MARDI 18 NOVEMBRE  2003
Culture :Retic : Et de douze sur les planches. L'édition 2003 des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun débute ce jour.
Dorine Ekwè

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" Nous accordons beaucoup plus de place aux représentations des troupes qu'au folklore. Notre festival est d'abord un théâtre. Je pense donc qu'il n'est pas nécessaire que nous accordions une grande place au cérémonial ". Par ces propos, le président des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) organisées sous la houlette du Centre camerounais de l'Institut international du théâtre-Unesco situe le cadre du déroulement de cette 12ème édition, qui s'ouvrira ce soir avec la représentation de la Pièce " le don du propriétaire " de Wakeu Fogaing, mise en scène par Jean Minguele, jouée par la Compagnie Ngoti, et qui, il y a quelques semaines, a reçu le tanit de bronze lors des Rencontres théâtrales de Carthage en Tunisie. Retic qui, pour leur 12ème édition, se veulent plus "sélectif et professionnel ", alors, point de cérémonie d'ouverture grandiose: " il faut absolument que l'on prime ici la qualité des oeuvres ".

Une option qui, selon Ambroise Mbia, serait à l'origine de la réduction du nombre de pays participants au fil des années. Ainsi, cette année, le public de Yaoundé qui voit gratuitement ces spectacles à 18h et 21h au Ccf de Yaoundé, ne verra évoluer sur scène que 10 troupes de théâtre dont cinq venant du Cameroun (Zoomers, théâtre national, théâtre universitaire de Douala, les Troubadours, et la compagnie Ngoti)et les autres de la France (La ruche), du Sénégal et de Belgique (Maison Ephémère), du Gabon (La parole) une compagnie spécialisée dans le conte, et du Congo (Les bruits de la rue). Dix compagnies et six pays au total dont la mission sera, jusqu'au 24 novembre prochain, de présenter au public certains aspects et valeurs du théâtre africain et européen, tel qu'enoncé par les objectifs du festival
Des objectifs qui visent la promotion d'un théâtre inspiré des rites et coutumes africains, contribution à l'émergence des jeunes talents du vivier culturel africain, et favoriser l'intégration harmonieuse du théâtre africain dans l'environnement du théâtre international.

Comme cela a souvent été le cas lors des éditions précédentes, des représentations sont également prévues dans les localités de Mfou, Mbankomo, Soa et Akono, situées à quelques kilomètres de Yaoundé. "Le théâtre est très mal connu au Cameroun, il est donc nécessaire que nous-mêmes, opérateurs culturels, fassions tout pour le vulgariser. C'est dans cette optique que nous trouvons important de faire vivre le festival en dehors de la ville ".
Bien que le festival soit essentiellement dédié aux représentations théâtrales, des stages et autres formations sont annoncés. Dans ce cadre, il est prévu un stage-atelier de mise en scène, organisé en par le Centre arabo-africain de formation et de recherche théâtrale et destiné aux femmes comédiennes africaines. Et parce que le théâtre n'est pas que la lecture des textes, la mise en scène et le jeu des acteurs, il sera également organisé, en marge de ces 12èmes rencontres, un stage de régie-lumière organisé avec la participation de régisseurs arabes et africains. C'est dire combien, au terme de ce rendez-vous, chacun, qu'il soit à l'avant, à l'arrière ou sur scène, devrait trouver son compte.


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JEUDI 20 NOVEMBRE 2003
Culture_Sup : Renc’Art : Promotion. Deux jours avant le début des Retic, Ambroise Mbia, le président du comité d'organisation, a donné des assurances : pour cette 12ème édition, la sélection est de qualité.
Claude B. Kinguè

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Deux jours avant le début des Retic, Ambroise Mbia, le président du comité d'organisation, a donné des assurances : pour cette 12ème édition, la sélection est de qualité. Plusieurs personnes y sont donc allées hier, l'appétit ouvert. "Le don du propriétaire", pièce jouée en ouverture par la Cie Ngoti, est effectivement de qualité. Copieux, bien que perfectible. Le tanit de bronze que ce spectacle a récemment remporté à Tunis, se trouve ainsi justifié. Car, non seulement reconnaît-il ses mérites, mais il en souligne aussi les limites. L'un dans l'autre, notre souhait est toutefois qu'il plaise à nombre de spectateurs qui iront le voir lundi prochain au Ccf. Ou un jour plus tôt au Centre culturel Polyvalent du Collège Stoll à Akono. Encore qu'à la gourmandise du public, les Retic proposent dix autres pièces. Elles viennent du Tchad, du Gabon, du Congo, du Benin, de la France, de la Belgique et aussi du Cameroun. Profusion et variété donc.

Un conseil au public, toutefois: il devrait faire une provision d'images et de dialogues. Car après le festival.... La question se pose en effet de savoir où reverra-t-on jouer ces pièces. Et quand. Les spectacles créés par les troupes camerounaises, un jour peut-être au Ccf. Mais pour The Island, Le collier d'Hélène, Au fil du conte, Misère et intérieur/Extérieur, sans doute faudra-t-il se rendre à Paris, Bruxelles, Libreville, N'djamena ou Brazzaville, selon le cas. Car non seulement les Retic renouvellent-elles leur sélection d'une édition à l'autre, ce qui est méritoire, mais, ce qui n’est pas louable, elles n'assurent pas, si l'on peut dire, un service après-vente à la hauteur de leur ambition déclarée. Certes, son comité d'organisation peut se flatter d'avoir permis la diffusion de certains spectacles de sa sélection dans divers festivals internationaux. Sur le plan national toutefois, en dehors des bilans, dont la circulation est d'ailleurs limitée aux membres du comité d'organisation et aux sponsors, rien ne prolonge les Retic. Rien ne fait le joint entre deux éditions. Elles ne survivent pas à l'événement.

Pis, elles se vendent mal. Au fil des éditions en effet, leur promotion confine à la confidence. Cette année par exemple, on a vu une affiche au Ccf de Yaoundé, une autre au Musée national, une troisième à la montée Ane Rouge et une quatrième ailleurs. Ambroise Mbia est également passé une fois ou l'autre à la radio. Comme promotion, c'est à un poil du minimum. Les contraintes budgétaires en sont-elles la cause? Peut-être. Nous savons en effet d'expérience combien, il y a plus de dix ans déjà, il était difficile de boucler le budget des rencontres théâtrales de Yaoundé. Plus marquante qu'aujourd'hui était cependant leur promotion. Cette qualité est-elle désormais hors de portée? L'ambition des Retic a pourtant pris du volume. Un de ses objectifs est notamment d'intégrer harmonieusement le théâtre africain dans l'environnement du théâtre international. A cet effet, il faut le faire connaître, le rendre désirable. Bref, en faire un bien de consommation et sacrifier au marketing adéquat. Dans ce sens, certaines approches sont aujourd'hui plus efficaces que d'autres. Il est en effet évident qu'une campagne sur les Retic à la télévision est plus visible et vue par plus de gens que dix affiches collées à travers la ville.

Et son appel, plus fort. Elle coûte plus cher aussi, il faut le reconnaître. Mais sous peine d'être , au niveau de la promotion, taxées de bricolage, les Retic ne peuvent plus se dispenser d'un certain effort. Elles ne seraient cependant pas les seules à la faire. Les promoteurs des spectacles sélectionnés y seraient associés, qui devraient faire tenir au comité d'organisation des scènes de leurs spectacles diffuser à la télévision avant le festival. Cela mettrait en appétit le public. Certes, les spectacles de la 12ème édition des Retic sont gratuits.Ce festival n'est donc pas pour ses organisateurs une veine lucrative. Mais étant donné leur ambition de ramener les Camerounais au théâtre, il faut pouvoir aller les chercher chez eux, les décoller de leur télé. Et pour cela, c'est sans doute par celle-ci qu'on peut les atteindre.

Ailleurs, on a vu tout le bénéfice que le théâtre a tiré de la télé. Et, même chez nous, on sait à quoi les Bobodioufs doivent l’affluence qu’il y a eue au Musée national, lors de leur récent passage au Cameroun. Mais pour ainsi valoriser notre théâtre, on peut douter que seul suffise le dévouement de Ambroise Mbia et Cie. Il faut des partenaires et une structure appropriée, autrement qu’intermittente.


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VENDREDI 21 NOVEMBRE 2003
Culture : Retic 2003 : Les artistes se mettent en scène .L'espace carrefour d'hier a permis au public de mieux cerner les pièces vues la veille.
Dorine Ekwè

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Pour les spectateurs qui, mercredi dernier, ont assisté, au Ccf de Yaoundé, à la représentation de la pièce de théâtre " Acte neuf-scène dernière " mise en scène par Martin Ambara, une explication, ou du moins un éclairage de la part du réalisateur, s'imposait. Selon Tony Mefé, opérateur culturel, " la mise en scène en elle-même était parfaite. C'est davantage le texte qui était hermétique et vraiment difficile à comprendre. Elle se place à la limite de l'abstrait ". Ce que Lionel Manga, quant à lui, préfère qualifier de "métaphisique ". Cette pièce raconte l'embarras de deux comédiens. A l'issue d'une dernière représentation de leur pièce " Puits et eaux troubles ", Herman, un jeune homme faisant partie d'une troupe, ne veut plus quitter la scène. Benjamin tente de le convaincre de partir de là, de rentrer dans les coulisses. Herman résiste et il s'ensuit une situation pour le moins embarrassante.

C'est donc avec empressement et un désir de comprendre, que le public a pris part, hier matin à l'espace carrefour qui s'est tenu dans le hall du Ccf de Yaoundé. Un espace où il a retourné les deux metteurs en scène dont les pièces ont été représentées la soirée d'avant, Martin Ambara de la compagnie camerounaise Les Troubadours, et Guy Theunissen, metteur en scène de la compagnie Sénegalo-Belge, Maison Ephémère. " C'est un moment qui a son importance quand on sait que le spectateur a toujours besoin d'informations complémentaires ", témoigne le président du comité d'organisation du festival, Ambroise Mbia.
Ainsi donc, interpellé sur cette pièce on " ne pleut plus hermétique " qu'il a proposée mercredi dernier au Ccf, Martin Ambara, justifie cette option par le désir de " laisser le public être juge. Les personnes qui assistent à un spectacle, n'est pas obligé d'avoir la même perception que les autres. Nous ne sommes pas des donneurs de leçons, à chacun son avis ". Une option qui semble trouver son fondement dans la constitution même de cette compagnie que le metteur en scène refuse de nommer comme telle : " c'est juste un ensemble de personnes désireuses de travailler en commun". Parlant du choix de la perception du spectacle par le public, le metteur en scène le met sur le compte de cette volonté " de laisser le spectateur libre de ses opinions".

Face à lui, Guy Theunissen, metteur en scène de la compagnie Sénégalo-Belge, Maison Ephémère, dont la pièce " Le collier d'Hélène " a été présentée au public, mercredi à 21h, est également venu éclairer la lanterne du public, et lui présenter cette compagnie qui compte en son sein des comédiens sénégalais et belges. Un métissage qu'il met sur le compte de cette volonté de mélange qui l'anime : " j'ai trouvé séduisante l'idée de ce métissage des différentes perceptions du théâtre en Afrique et en Europe. L'Afrique apporte sa tradition du conte, de la danse et de l'énergie tandis que nous, nous apportons d'autres valeurs ". Résultat, un "spectacle plus ouvert et plus accessible pour le public ". La pièce se veut par ailleurs plus profonde et se proche du public auquel elle fait partager les sentiments tels la douleur, la peur et l'amour. La soirée d’hier a été l'occasion pour le public de mieux appréhender cette pièce qui a été reprogrammée pour 18h, tandis que la Cie La parole, venue du Gabon faisait sa première sortie sur les planches du Ccf avec la pièce " Au fil du conte ".


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MERCREDI 26 NOVEMBRE 2003
Culture : Retic 2003 : Le Cameroun sous toutes ses coutures.La cie Zoomers présente la diversité linguistique et culturelle.
Dorine Ekwè

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Dans la pénombre, là-bas sur scène, un homme, vêtu de la tenue traditionnelle d’apparat de populations du Nord du Cameroun, se concentre devant une calebasse dans un coin sacré. Après quelques incantations, il s’en va, heureux d’avoir procédé au rituel. Quelque temps plus tard, une femme le remplace dans le cercle sacré, procède aux mêmes incantations. Scandale!
Il est inimaginable, dans ce village, comme dans plusieurs autres, de voir une femme faire irruption dans un lieu sacré, privilège généralement réservé aux hommes. Il s’en suit alors une série de discussions et de discours autour de la place de la femme et du sacré dans la tradition africaine.

L’histoire de “interstice”, la pièce présentée tire ses origines de la vie quotidienne du metteur en scène de cette compagnie, Zigoto Tchameni, qui, vendredi soir, marquait ainsi son passage sur les planches du Ccf de Yaoundé pour cette 12ème édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic). "Contrairement à ce que les gens peuvent croire, ce n’est pas une simple histoire qu’un citadin en mal de sensations, est allé puisé dans son village. C’est une histoire que j’ai vécu chez un de mes oncles qui profitait à chaque fois du fait que sa femme soit très attachée aux traditions pour lui imposer des interdits. Il lui avait strictement interdit de toucher une calebasse qu’il disait sacrée, alors qu’il n’en était rien. C’est de là que m’est venue l’idée d’écrire, puis de monter cette pièce qui se veut une représentation de cet éternel conflit entre la tradition et la modernité ".

Pour accompagner cette histoire, les membres de la troupe ( cinq sur la scène) ont fait appel à plusieurs techniques tels le chant, et la danse. Une option qui tranchait ainsi avec celle de la Cie française La ruche, qui avait présenté, quelques heures plus tôt, " The Island ". Un échange entre deux prisonniers, dont l’un doit sortir quelques mois plus tard, alors que, l'autre ne sait encore quel est le sort qui lui est réservé, mais se plaint déjà de ce que son campagnon l’abandonnera une fois sorti de prison. Pour expliquer son choix, le metteur en scène de la cie Zoomers s’explique : " Pour moi, une pièce au cours de laquelle les gens n’arrêtent pas de parler, n’est pas attrayante. Je pense qu’il est nécessaire de mettre de la vie quand on joue une pièce. Tout cela fait le spectacle ".

Une option qui n’a pas totalement réussi à la troupe, qui s’est attirée toutes sortes de critiques de la part des participants au festival, qui y voyaient davantage " un spectacle pour enfants dans un monde de professionnels". Une critique qui n’est pas sans fondement, quand on fait la comparaison avec" Divine providence " cet autre spectacle que la même Cie a présenté lors du Fatej (Festival africain du théâtre pour l’enfance et la jeunesse ) en 2002 et qui ne diffère que par la thématique abordée. Mais c'est avec plaisir que l'on se rend compte de la volonté du groupe d'amener tout le public camerounais à se reconnaître dans son oeuvre avec le subtil mélange de quelques langues maternelles, des deux langues officielles: le français et l'anglais, ainsi que le pidjin et l'argot.

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 Rideau sur les Retic 2003
 Serges Olivier OKOLE
 Mercredi 26 novembre 2003
 

Pendant une semaine, rires et applaudissements ont rythmé les soirées du Centre culturel français.

On ne peut vraiment pas s’abstenir de rire ou d’ovationner. Sur la scène, Philémon Blake Ondoua, (M.Vartan) est complètement perdu. Où bon Dieu est donc passée sa femme (Edwige Ntongon a Zock), allée lui acheter des somnifères ? Et que fait ce jeune homme (Raphaël Effila) inconnu dans son séjour ? Et cette horloge qui n’arrête pas de trotter… déjà 10 h du soir, et il est encore éveillé. L’intrigue de " Le don du propriétaire, une pièce présentée par la compagnie aura sans doute été le spectacle majeur de ces rencontres. Auréolée de son Tanit de bronze glané aux rencontres théâtrales de Carthage en Tunisie, la pièce a illuminé aussi bien la cérémonie d’ouverture, le 18 novembre dernier, que la représentation de clôture de lundi. Comme il l’était au commencement…

D’autres pièces auront marqué les esprits, non seulement par le jeu des acteurs sur la scène, mais aussi que la caricature de la vie. Corriger les mœurs en riant. C’est comme cela qu’on peut résumer " Misère ", la pièce présentée par la compagnie Maoundoh, une troupe tchadienne. Sur les décombres d’un pays dévasté, et de sa société viciée par divers maux, une bande de " fous " ou simplement de philosophes d’une autre ère tentent de s’accommoder… Sexe, travail, amour restent le refuge commun des démunis et des privilégiés.

C’est sur le même ton que " Papa bon Dieu ", la pièce du Théâtre national du Cameroun a entretenu le public. L’histoire d’un coma éthylique qui va se transformer en une révélation de sainteté. Ou du moins, ce qu’un opportuniste peu scrupuleux voudra présenter comme " La foi nouvelle ". Jusqu’où ira la perversité de cet homme d’affaires aux scrupules douteux ? Avec Ali Mvondo, Alex David Longang, Salomon Tatmfo, Marie Mantoum et bien d’autres, le public a eu le plaisir de retrouver le Théâtre national, facétieux et performant, sur les planches du CCF. Une génération d’acteurs qui aura porté le Cameroun sur des scènes prestigieuses d’Afrique et du monde entier.

Ce spectacle que le public n’a pas manqué de redécouvrir et d’apprécier a donné un aperçu de la santé actuelle du théâtre camerounais. Beau, mais pourtant marginalisé. C’est dans cet esprit que les Rencontres théâtrales internationales de Yaoundé, selon leur promoteur, Ambroise Mbia, par la rencontre des cultures et des expériences, tentent d’élargir les horizons du théâtre camerounais aux scènes internationales. Et, lorsque avant-hier soir est tombé le rideau sur l’édition 2003 des RETIC, " tout bas… si bas " (l’une des représentations de ce soir), le public se rappellait encore certainement les soirées chaudes et hilares du CCF.


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MERCREDI 26 NOVEMBRE 2003 
Culture : Alougbine Dine : La direction des acteurs a fait défaut.Le directeur du festival international du théâtre du Bénin juge les Retic.
Propos recueillis par D. E.
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Vous avez assisté lundi dernier à la cérémonie de clôture de la 12ème édition des Retic. Quel est le regard que vous portez sur le déroulement général de ce festival ?
Vous savez, la réussite d'un festival est le fait d'un tas de choses, à savoir: la qualité de l'organisation, et de la programmation. Sur ce point de vue, il n'y a rien à redire. Je trouve que les spectacles étaient d'un bon niveau et, déjà, je peux dire que j'ai été intéressé par quelques-uns, qui sont susceptibles d'être programmés lors du festival que j'organise au mois de mars au Bénin. Car, c'est pour acheter des spectacles que je suis également ici aujourd'hui.

Vous parlez d'une bonne qualité des spectacles mais on sait que le public s'est beaucoup plaint de l'hermétisme de la plupart des pièces présentées....
je continue de dire que les spectacles étaient bien pensés par les metteurs en scène. Ce n'est pas obligé que tout le monde soit intéressé. Une pièce que certaines personnes peuvent trouver hermétique ne l'est pas nécessairement pour moi. Dans la plupart des cas, le choix du metteur en scène n'est pas souvent compris, le public refuse de se laisser entraîner dans l'univers dans lequel le metteur en scène et toute la troupe souhaitent le conduire. Il faut également reconnaître que la plupart des personnes qui assistaient aux représentations étaient des personnes plus ou moins proches du monde du théâtre. Par conséquent, elles venaient en temps que critiques et non en simples spectateurs. C'est ce qui pose problème.

Quel est l'avis que vous portez sur le jeu des acteurs?
Vous savez, le théâtre africain souffre d'un grand manque de directeurs artistiques. Les metteurs en scène essaient tant bien que mal de le faire, mais dans la plupart des cas, ce n'est pas toujours ça. Il faut quelqu'un qui fasse essentiellement dans la distribution des rôles : les acteurs ont besoin d'être dirigés. C'est ce déficit, là qui fait que, dans la plupart des cas, les pièces présentées au public ont aussi révélé des acteurs qui ne sont pas au summum de leur art, qui n'arrivent pas réellement à restituer leurs sentiments sur la scène. C'est le cas des deux acteurs de la pièce montée par Valérie Goma, " The island ". Le thème est bon, mais les acteurs, prisonniers, ne restituent pas, ne se laissent pas profondément pénétrer par le rôle qui est le leur. A la fin, cela crée un réel problème. C'est également le cas dans " papa Bon Dieu " du théâtre national camerounais, qui ne m'a pas accroché. Les acteurs ne jouent pas leurs rôles comme il se doit. Par exemple, celui qui joue le personnage de l'alcoolique, ne le fait pas avec conviction. L'alcoolisme, c'est un art, c'est toute une façon de vivre et de penser que l'on aurait gagné à restituer ici.


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JEUDI 27 NOVEMBRE 2003
Culture_Sup : Théâtre : les tics des Retic. La 12ème édition de ce festival soulève quelques interrogations.
Dorine Ekwè
http://www.quotidienmutations.net

Là-bas, sur la scène de la salle de spectacle du Ccf de Yaoundé, Ambroise Mbia, le président des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic), fait ses adieux au public et aux participants de la 12ème édition des Rencontres qui s'achèvent. Il est environ 19h30. Après la conférence de presse bilan qu'il a donnée dans le hall du Centre un peu plus tôt dans la matinée, et la représentation de la pièce "Le don du propriétaire" de la Cie camerounaise Ngoti, qui a ouvert le festival le 18 novembre dernier, il ne pouvait que, de son avis, remercier le public qui, à chaque fois, a pris part aux différentes représentations qui étaient prévues dans le cadre de ces 12èmes Rencontres théâtrales. Un peu plus tôt que prévu ce lundi-là, le rideau est tombé sur cette autre scène des Retic.

Un décalage dans la programmation initiale qui prévoyait, à partir de 20h, la cérémonie de clôture et de remise des attestions aux stagiaires, et qui illustre, à suffisance, les différents troubles qu'ont subi les programmes tout au long de ce festival. Lors de la cérémonie d'ouverture déjà, plusieurs personnes ont pu rattraper de justesse, au Yaoundé Hilton Hôtel, ces cérémonies. Quelque peu désabusée, Laurence Etia, jeune artiste, raconte : "Dans le programme que l'on m'a fait parvenir, il était indiqué que, la cérémonie d'ouverture aurait lieu au musée national, qui, par la même occasion, était présenté comme le village du festival. Rien n'a été fait. Les choses se disaient de bouche à oreilles et finalement, on ne savait plus exactement ce qui se passait". Ces désagréments, les membres de quelques compagnies présentes n’en n'ont pas été épargnés. Mathias Matembet, de la Cie gabonaise, La Parole, se souvient de ce jour où, "Alors que nous étions programmés pour jouer à Akono, c'est dans la voiture que nous avons été informés de ce que, au lieu de 15 heures comme prévu, nous devions plutôt le faire à 13heures. Cela nous a quelque peu déstabilisés. Mais finalement, nous sommes arrivés, et les choses se sont passées mieux que nous ne le pensions".

Dans le même ordre d'idées, si le président des Retic, au sortir de cette 12ème édition, se réjouit de ce que "tous les rendez-vous annoncés ont été tenus, le stage des régisseurs de son et lumière, ainsi que celui des metteurs en scène et la rencontre des femmes artistes d'Afrique Centrale se sont déroulés", plusieurs personnes se plaignent de ce que, "à quelques heures de l'ouverture du festival, on ne savait pas encore avec certitude où telle ou telle autre manifestation allait être organisée. Ce n'est pas digne d'un festival qui existe depuis 12 ans. Et l'expérience dans tout ça?". Au finish, c'est dans un dernier recours que ces différents ateliers et stages ont été organisés au Ccf de Yaoundé qui, au lieu de n'abriter que les représentations dans la soirée tel que prévu à l'origine, a accueilli toutes les autres manifestations organisées pendant le festival. Des modifications que Ambroise Mbia, explique ainsi: "Dans l'organisation de tous les festivals, il y a toujours des modifications de dernière minute. Je ne vois pas pourquoi ici, on crie chaque fois que cela survient. C'est tout à fait normal dans la vie d'un festival". Un festival qui, "malheureusement", selon le comité d'organisation, n'a pu bénéficier que de la parution d'un seul numéro du journal qui devait être l'écho de la vie du festival, parce que, dit-on, "tout n'a pas été pensé correctement à l'origine".

Si sur le plan organisationnel tout ne s'est pas passé de la meilleure des façons, les échanges organisés pendant les espaces carrefours ont été le moment le plus couru lors de cette 12ème édition des Retic. Ces échanges avaient pour but de permettre aux metteurs en scène de parler du contexte de création de leurs pièces, cela au cours d'un échange avec leurs pairs, les comédiens et le public. Ceci, 24 heures après la présentation de leur spectacle. Et un qui garde encore certainement un souvenir bien vivace de ces moments, c'est François Njoumoni metteur en scène de la pièce "Papa bon Dieu" du théâtre national. Lui qui, dans la matinée de dimanche le 23 novembre dernier, a subi le courroux des autres metteurs en scène et comédiens offusqués de ce qu'il se "permettait de défendre une pièce qui n'a aucun attrait". Bien que confus, ajustant de temps à autre sa casquette pour se donner une contenance, François Njoumoni, a essayé, tant bien que mal de défendre cette pièce dont le ministère de la Culture semble si fier: "Nous nous sommes donnés le maximum de temps pour faire le meilleur du travail, dira-t-il, et je pense que les résultats ne sont pas aussi mauvais qu'on veut le faire croire."

Echanges

Un avis que ne partage pas du tout Allougbine Dine. Pour le directeur du festival du théâtre du Bénin en effet, "Comme la plupart des personnes l'ont remarqué, cette pièce n'est pas digne d'un théâtre national, cela pose un discrédit sur le théâtre camerounais. A la rigueur on peut penser que ce sont des lycéens amateurs qui l'ont conçue et présentée: rien n'est fait avec sérieux, le jeu des acteurs est minable et c'est triste de défendre un tel travail devant les jeunes qui ont foi au théâtre". Certains, ont tout simplement demandé à François Njoumoni la date de sa dernière participation à une représentation théâtrale avant les Retic 2003. Une rigueur dans la critique que plusieurs personnes ont saluée quand on sait que, les années précédentes, les espaces carrefours n'étaient pas aussi bien menés. C'est la somme de ces différentes interventions qui amènent les uns et les autres à perfectionner leur jeu.

Pour certains observateurs de la scène culturelle camerounaise, "Bien que la 12ème édition des Retic n'aie pas totalement été catastrophique, elle a, une fois de plus, mis à jour les différentes failles qui, au fil des éditions, ne cessent de s'agrandir. A un moment ou à un autre, il faudra bien qu'on se pose de sérieuses questions sur la pérennité de ce festival". A titre d'exemple, et bien que le président du comité d'organisation affirme qu’”aux Retic, on n'a pas besoin d'établir un équilibre régional en invitant des pays venus de tous les coins d'Afrique", on se rend compte que, plus le temps passe, plus les troupes et invités sélectionnés sont ciblés dans la zone Afrique-Centrale. Ainsi, alors qu'à la 4ème édition, sur vingt-six compagnies invitées, on ne retrouvait que quatre représentants de la zone Afrique Centrale, et qu'à la dernière édition, sur les dix compagnies présentes, il y en avait sept venues d'Afrique Centrale. "Nous faisons la promotion de la qualité des spectacles, et non de la quantité", s'explique Ambroise Mbia qui avoue cependant vouloir donner plus de chances au théâtre de la Sous-région à travers son festival.


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